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Oiseaux qui sont dans le cœur des arbres

 

 

Ramiers dans les arbres les grands

au fond du dernier pâtis après

les chemins les derniers toits ramiers dans

les branches repos ils

y sont restés (peut-être) pourtant

combien de fusils tant de poèmes pourtant

les tracteurs les remembrements pourtant

dans les arbres toujours et ce mot ramier

(piège ou rien ?) dans ramure ou poème.

 

Pigeon plumes dans le centre du cœur

des arbres (grands chênes dans les bas)

ils sont arrivés par bande un soir

l’automne il pleut mais plumes chaudes cœur

balancé branches le temps le porte dans la pluie

le temps l’emporte un fusil braconnier tard

il revient tard et des oiseaux dans

son paletot mouillé l’automne il pleut longtemps.

 

Paysage au fusil (coeur) une fontaine

In, « Cahiers de poésie, 2 »

Editions Gallimard, 1976

Du même auteur :

Trois figures qui bougent un peu (19/03/2015)

Presque rien à Sidi Slimane, le temps qui vient (07/06/2018)

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