garcia_bt_espagne[1]

 

La ballade de l’eau de mer

 

A Emilio Prados

(chasseur de nuages)

 

La mer

Sourit au loin.

Dents d’écume

Lèvres de ciel.

 

- Que vends-tu, ô fille trouble,

Poitrine découverte ?

 

 - Ce que je vends, c’est l’eau

               De la mer.

 

- Que portes-tu, garçon noir,

A quoi ton sang se mêle ?

 

- Ce que je porte, c’est l’eau

               De la mer.

 

- Dis, ces larmes salées,

D’où viennent-elles, mère ?

 

 - Ce que je pleure, c’est l’eau

               De la mer.

 

- Mon coeur, et cette amertume

Profonde, d’où naît-elle ?

 

Bien amers nous rend l’eau

               De la mer !

 

La mer

Sourit au loin.

Dents d’écume

Lèvres de ciel.

 

1920

 

Traduit de l’espagnol par ?

in, Federico Garcia Lorca : « Poésies I, 1921-1922)

Editions Gallimard, 1954

Du même auteur :

La guitare / la guittara (04/11/2014)

Chant funèbre pour Ignacio Sánchez Mejías / Llanto por Ignacio Sánchez Mejías (19/12/2015) 

Embuscade / Sorpresa (19/12/2016)

Chanson du cavalier /Canción de Jinete (19/12/2017)

Village / Pueblo (19/12/2018)

« Gacela » de la mort obscure / Gacela de la muerte obscura (19/12/2019)

L’infidèle / La casada infiel (19/12/2020)

 

La balada del agua del mar

 

A Emilio Prados

(cazador de nubes)

 

 

El mar

sonríe a lo lejos.

Dientes de espuma,

labios de cielo.



-¿Qué vendes, oh joven turbia,

con los senos al aire?



-Vendo, señor, el agua

de los mares.



-¿Qué llevas, oh negro joven,

mezclado con tu sangre?



-Llevo, señor, el agua

de los mares.



-Esas lágrimas salobres

¿de dónde vienen, madre?



-Lloro, señor, el agua

de los mares.



-Corazón, y esta amargura

seria, ¿de dónde nace?



-¡Amarga mucho el agua

de los mares!



El mar

sonríe a lo lejos.

Dientes de espuma,

labios de cielo.

 

Poème précédent en espagnol :

Miguel D’ors : Ville en moi (Saint-Jacques / Ciudad en mi (Santiago) (21/11/2021)

Poème suivant en espagnol :

Julio J. Casal : Abeja / Abeille ( 23/12/2021)