gilles-baudry[1]

 

Nos pas

seraient plus purs

s’ils avaient la lenteur de la sève

et notre sang

battrait à l’unisson

de la forêt

 

Si nous savions poser

sur le monde un regard de pollen

la vie comme l’été à l’épi

serait propice

au plus déshérité

 

Adossés à nous-mêmes

l’été ne serait plus sans lendemain

mais s’inscrirait déjà

dans nos plus menus gestes

 

Chaque matin

pourrait tenir

les promesses de la première page.

 

Invisible ordinaire

Editions Rougerie, 1995

Du même auteur :

 « Du monde tu ne vois… » (09/07/2014)

Coda (09/07 /2015)

Le poète et son double (09/07/2016)

« Nul ne sait… » (19/08/2017)

« Le cœur fait les cent pas... » (19/08/2018)