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Dans les collines galloises

 

Trop loin pour que vous voyiez

La douve, le piétin et le gros asticot

Qui sorti des petits os ronge la peau.

Les moutons paissent à Bwlch-y-Fedwen,

Disposés dans la tradition romantique

Sur arrière-plan de pierre dénudée.

 

Trop loin pour que vous voyiez

La mousse, la moisissure sur les cheminées froides,

Les orties traversant les portes défoncées,

Les maisons sont vides à Nant-yr-Eira,

Il y a des trous dans les toits, le chaume c’est le soleil,

Et les champs s’en retournent à la lande nue.

 

Beaucoup trop loin pour que vous voyiez

Ses deux yeux et la phtisie qui lui mine

Lentement la carcasse sous le veston déchiré,

Un homme cultive encore les terres de Ty’n-y-Fawnog,

Il apporte sa lugubre contribution au modèle agréé,

Un embryon de musique dans la gorge, mort

 

Traduit de l’anglais par Paol Keineg

In, R.S. Thomas : « Qui ? »

Editions Les Hauts-Fonds, 29200 Brest

 

Dans les collines galloises

 

Trop loin pour que vous puissiez voir

La douve, et le fourchet, et le gros ver

Qui ronge la peau sur les petits os,

Les moutons broutent à Bwlch-y-Fedwen,

Disposés dans le style romantique habituel

Sur un fond morne de pierres dénudées.

 

Trop loin pour que vous puissiez voir

La mousse et la moisissure sur les cheminées froides,

Les orties poussent par les portes fissurées,

Les maisons sont vides à Nant-yr-Eira,

Il y a dans les toits de chaume des trous que comble le soleil,

Et les champs retournent à la lande nue.

 

Trop loin, trop loin pour voir

Ses yeux enfoncés et la lente phtisie

Qui décharne son corps sous la cape déchirée,

Un homme travaille encore la terre à Ty’n-y-Fawnog,

Apportant, lugubre, au schéma accepté

L’embryon de musique mort dans sa gorge.

 

Traduit de l’anglais par G.Morgan et Paul Bensimon

In, « Anthologie bilingue de la poésie anglaise »

Editions Gallimard, (La Pléiade), 2005

Du même auteur : Un paysan / A Peasant (18/06/2021)

 

Thewelsh hill country

 

 

Too far for you to see

The fluke and the foot-rot and the fat maggot

Gnawing the skin from the small bones,

The sheep are grazing at Bwlch-y-Fedwen,

Arranged romantically in the usual manner

On a bleak background of bald stone.

 

Too far for you to see

The moss and the mould on the cold chimneys,

The nettles growing through the cracked doors,

The houses stand empty at Nant-yr-Eira,

There are holes in the roofs that are thatched with sunlight,

And the fields are reverting to the bare moor.

 

Too far, too far to see

The set of his eyes and the slow pthisis

Wasting his frame under the ripped coat,

There's a man still farming at Ty'n-y-Fawnog,

Contributing grimly to the accepted pattern,

The embryo music dead in his throat.

 

 

Song at the Year’s Turning

Rupert Hart-Davis editor, London, 1955

Poème précédent en anglais :

David – Herbert Lawrence : Renaissance /Renascence (10/06/2020)

Poème suivant en anglais :

Derek Mahon : Portrait de l’artiste / A portrait of the artist (22/06/2020)