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L’Homme triste

 

Sur mon cœur il y a des voix qui pleurent

Ne plus penser à rien !

Le souvenir et la douleur se dressent

Prends garde aux portes mal fermées.

 

Les choses s’ennuient

Dans la chambre

Derrière la fenêtre où le jardin se meurt

les feuilles pleurent

Et dans le foyer tout s’écrase

 

Tout est noir

Rien ne vit que dans les yeux du chat

 

Sur la route un homme s’en va

L’Horizon parle

dans le crépuscule il s’efface

 

La mère est morte sans rien dire

Et dans ma gorge un souvenir

Ta figure au feu s’illumine

Quelqu’un voudrait sortir

 

Quelqu’un tousse dans l’autre chambre

Une vieille voix

Comme c’est loin !

Un peu de mort tremble dans tous les coins.

 

 

Traduit de l’espagnol par l’auteur

in, Revue « Nord-Sud, N° 2, 15 Avril 1917 »

Du même auteur :

La matelotte (01/10/17)

 

Chemin inutile (01/10/2019)