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Lentement, pensivement

 

A la fin, l’homme atteint le sable

d’une plaine triste et trempée,

il s’étend là, le regard vague,

acquiesce sans jamais espérer.

 

Et moi je m’efforce souvent

de regarder le monde sans tricher.

Les coups d’une hache d’argent

jouent dans les feuilles du peuplier.

 

Mon cœur est sur la branche de rien,

perché, grêle, il tremble sans bruit,

les astres doucement s’assemblent

pour regarder mon cœur la nuit.

 

Traduit du hongrois par Alice Zeniter

in, Alice Zeniter : « Sombre dimanche »

Editions Albin Michel, 2013