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Le tremble est blanc

 

Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève.

Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,

Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,

               Tes yeux plus clairs.

A travers le passé ma mémoire t'embrasse.

Te voici. Tu descends en courant la terrasse

Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent

               Parmi les fleurs.

Par un après-midi de l'automne, au mirage

De ce tremble inconstant que varient les nuages,

Ah ! verrai-je encor se farder ton visage

               D'ombre et de soleil ?

 

 

Les Contrerimes

Editions du Divan, 1921

Du même auteur :

En Arles (10/11/2014)

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