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Pour une jumelle qui n’a jamais eu

de robe de soie

 

Peut-être

que je vis deux vies

une pour elle et une pour moi

et que je ne regarde jamais dans les miroirs.

 

Qui est la femme

qui monte à cheval

se coupe le visage avec ses bagues

joue au poker

chante Haendel et collectionne les pierres ?

 

Qui est la femme

qui aime les choses brisées mange des orchidées

qui ne dort ni ne rêve

et goûte la rosée et le sang ?

 

Qui est la femme

qui dessine les lignes de sa main

et cherche des balançoires ?

Qui est la demi-chance

d u bréchet ?

 

il y a encore des sillons

sous mes côtes

là où elle se reposait contre moi.

 

 

Traduit de l’anglais par Marie Evangéline Arsenault

In, « Un siècle de poésie mexicaine, Anthologie »

Editions Ecrits des Forges / Le castor Astral, 2009

Du même auteur :

Tiens ma robe (22/01/2015)

Voyageurs (22/02/2016)