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Ici le monde se connaît

et le fleuve de feu dont nous sommes la source

ne tarit jamais

 

Ici sur cette terre brûlée

dans la nuit de la nuit

habitant de l’unique

 

Ici où respire encore l’angoisse

de marcher sans bouger sur le brasier des ombres

 

Ici où je te prends à ta parole

toi qui n’est plus qu’absence et feu

ô mourant

 

Ici ce lieu où tendent les rivières froides

de l’aurore

où la lumière se consume et s’éteint

dans les chantiers de la mémoire et de la mort

 

(La tentation du jour)

 

Provisoires amants des nègres

Editions du Seuil, 1962

 

Du même auteur : La grande élégie doit tout dire (10/11/2017)