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Pauvre dormeur

 

Il neige les arbres fleurissent

Je vais léger perdu dans les rues tristes d’une ville

Je marche sans marcher

Je vais en reculant dans une enfance de forêts

Où se perdent mes traces avec le temps

 

Absent je vais dans les couloirs

Frôlant les murs

Et le soleil sous les feuilles

Bourdonne doux dans le jour englué

Un chien ne cesse de pleurer

Au fond de la journée c’est comme

Si toute ma vie se mettait à tourner

Autour de cette voix lointaine

C’est comme si quelqu’un de très aimé

Mourait tout près de moi dans le brouillard glacé

 

Et maintenant je reste seul

Derrière l’étroite fenêtre de ce rêve

J’entends le vent tomber sur la maison fermée

Et de grandes rafales

Des fanfares étouffées

Bouger dans le flot de mes veines

Hiver 54 – 55

Poésies. Tome III

Bernard Campiche éditeur, Yvonand (Suisse), 1997

Du même auteur :

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L’énigme gère tes pas (07/10/2017)