_Supervielle[1]

L’Allée

 

 Ne touchez pas l'épaule

Du cavalier qui passe,

Il se retournerait

Et ce serait la nuit,

Une nuit sans étoiles,

Sans courbe ni nuages.

- Alors que deviendrait

Tout ce qui fait le ciel,

La lune et son passage,

Et le bruit du soleil ?

- Il vous faudrait attendre

Qu'un second cavalier

Aussi puissant que l'autre

Consentît à passer.

 

Le Forçat innocent,

Editions Gallimard, 1930

 

Du même auteur :

Hommage à la vie (12/11/2015)

Le forçat (12/11/2016)

Nocturne en plein jour (12/11/2017)

Prière à l’inconnu (12/11/2018)