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Heureux les solitaires

Ceux qui sèment  le ciel dans le sable avide

Ceux qui   cherchent le vivant sous les jupes du vent

Ceux qui courent haletants après un rêve évaporé

Car ils sont  le sel de la terre

Heureuses les  vigies sur l'océan du désert

Celles qui poursuivent le fennec au-delà du mirage

Le soleil ailé perd ses plumes à l'horizon

L'éternel été   rit de la tombe humide

Et si un grand cri résonne dans les   rocs alités

Personne ne l'entend personne

Le désert hurle toujours sous un ciel impavide

L'œil fixe plane seul

Comme l'aigle au point du jour

La mort  avale la rosée

Le serpent étouffe le rat

Le nomade sous sa tente écoute crisser le temps

Sur le gravier de l'insomnie 

Tout est là en attente d'un  mot déjà énoncé 

Ailleurs

 

Poèmes posthumes in Prose et poésie,

Actes Sud, 1991

 

Du même auteur :

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