05 avril 2019

Herberto Helder (1930 – 2015) : Source

  Source  2 La pluie cingle en gouttes légères le sourire dément des mères. Cinglent sans fin leurs visages chéris, déments, les doigts jaunes des bougies. Qui oscillent. Qui sont pures. Gouttes et bougies pures. Et les mères s’approchent, soufflent sur les doigts froids. Leur corps s’anime sous l’action des os filiaux, de leurs tendons, leurs organes immergés, et les calmes mères intrinsèques s’assoient sur les têtes filiales. Elles restent assises dans ce long silence empressé, voyant tout, brûlant,... [Lire la suite]
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03 avril 2019

Marie-Noël (1883 – 1937) : Connais-moi ...

    Connais-moi ...   Connais-moi si tu peux, ô passant, connais-moi ! Je suis ce que tu crois et suis tout le contraire : La poussière sans nom que ton pied foule à terre Et l'étoile sans nom qui peut guider ta foi.   Je suis et ne suis pas telle qu'en apparence : Calme comme un grand lac où reposent les cieux, Si calme qu'en plongeant tout au fond de mes yeux, Tu te verras en leur fidèle transparence...   Si calme, ô voyageur... Et si folle pourtant !  Flamme errante, fétu, petite... [Lire la suite]
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03 avril 2019

Fernando Arrabal (1932 -) : Ai-je parlé pour mieux me taire ?

  Ai-je parlé pour mieux me taire ? (Lettre à Wittgenstein)   Aurez-vous roulé en vain la pierre à l’arrière-goût de cendres que contient votre nom ; celle qui n’amasse pas mousse ?   N’aurez-vous pas, toute votre vie, contemplant votre autre « moi » emmailloté de blanc, cherché la pierre philosophique à défaut de philosophale ou celle pour bâtir l’assemblée ?   Pour évoquer votre mémoire, sans cacophonies patriotiques, inutile de butiner dans les métaphores et les... [Lire la suite]
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02 avril 2019

Vladimir Vladimirovitch Maïakovski / Владимир Владимирович Маяковский (1894 – 1930) : La flûte des vertèbres / Флейта-позвоночни

  La flûte des vertèbres   PROLOGUE   A vous toutes, que l’on aima et que l’on aime, icône à l’abri dans la grotte de l’âme, comme une coupe de vin à la table d’un festin, je lève mon crâne rempli de poèmes.   Souvent je me dis – et si je mettais le point d’une balle à ma propre fin. Aujourd’hui, à tout hasard, je donne mon concert d’adieu. Mémoire ! Rassemble dans la salle du cerveau, les rangs innombrables des bien-aimées. Verse le rire d’yeux en yeux. Que de noces passées la nuit se... [Lire la suite]
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01 avril 2019

Raymond Queneau (1903- 1977) : Vieillir

    Vieillir   Ma jeunesse est finie Ma jeunesse est partie Je reste sur le cul avec quarante ans d'âge J'ai pris le pucelage de la maturité Me voilà qui grisonne me voilà qui bedonne je tousse et je déconne déjà déjà déjà Ah quand j'étais jeune homme que j'étais heureux ! comme un lézard au soleil regardant mes orteils brunir au bord de l'eau et mon abencérage dresser son chapiteau Les années comptaient peu les jours étaient légers et toutes les nuits douces Le ciel était bien bleu les lunes... [Lire la suite]
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30 mars 2019

Bernard Chambaz (1949 -) : Gisements, élémentaires

  Gisements, élémentaires   Et les géographies le gisant simplement d’un oiseau   l’oubli, par excellence – puisqu’il n’ y a plus rien à voir. A peine ce fragment de sol, un passage entre deux météores. Un mot épars, dans ce monde de ruines, l’écho d’un monde millénaire, un lieu – comme par hasard : le Grand lac de l’Ours ? Et ces chrétiens jetés aux bords par l’Océane, affolés, les yeux bordés d’or et d’écume, pillards à genoux dans l’eau qui se retire comme une île dont chacun serait... [Lire la suite]
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30 mars 2019

Eugène Guillevic (1907 – 1997) : « Dans le domaine... »

  Dans le domaine Il n’y a rien   Qui ne cherche A se rencontrer. ° Ah oui ! le vent. ° Le soleil Ne couche pas ici. ° La tourterelle a cru Que c’était chez elle. ° La guerre Entre les gris. ° Des roses Qui ne pensent pas   A être des roses ° Autour du domaine, Le vent se cherche Des porte-parole. ° La source N’écoute pas le vent.   Lui rabâche L’outre-pierraille. ° Il n’y a pas que le vent à écrire le vent. ° Porter ce temps-là Qui ne passe pas. ° Il y vient des fleurs... [Lire la suite]
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29 mars 2019

Lorand Gaspar (1921 -) : La maison près de la mer, I

  La maison près de la mer,  I   I 1 or pâle, brumes de paroles dans le froid jours et icônes qui noircissent peu à peu les doigts au bord d’un savoir insoumis –     2 falaise et claviers là-haut des murs blancs Des fenêtres où résiste la nuit parfois prennent feu, - des notes qui brûlent par-delà leur temps dans la musique, des images au soir  tombent sans bruit dans la rouille très sombre des eaux     3 dans les tiroirs de la chambre parfumés de sauge et de thym remuent... [Lire la suite]
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28 mars 2019

Yves Bergeret (1948 -) : La forêt l’attente

    La forêt l’attente   ECUSSONS D’IMPATIENCE   Irritante   vieille convoitise de la forêt et de ses mélèzes                       cabrioler plus haut                                         que le muet... [Lire la suite]
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27 mars 2019

Jack Kerouac (1922 – 1969) : 67ème chorus / 67th chorus

  67ème Chorus   Tel quel Est Tathata, le nom, Utilisé,                pour signifier, Essence,                toutes choses son faites                de la même chose                essence   La chose est nature pure, ... [Lire la suite]
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