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Mes chants,

ce sont des bancs d’algues

qui ne se sont jamais arrêtés

où ils ont vu le jour.

Sans racine, feuillus et fleurissants

ils dansent dans les ondes

en liesse lumineuse.

Sans logis, sans possession aucune

ces hôtes inconnus arrivent

on ne sait quand.

 

Lorsque l’averse de shrâvana (1)

descend des nuées déchaînées

le torrent déborde

sous la force des rapides

mes bancs d’algues impétueux

s’égarent dans le raz de marée

et dérivent de pays en pays

de cap en cap au gré du courant.

                                                           Surul, 11 janvier 1915

 

(1)  Cinquième mois du calendrier indien

 

Traduit du bengali par Saraju Gita Banerjee

In, Rabindranath Tagore : « L’esquif d’or »

Editions Gallimard, 1997

Du même auteur :

« Le même fleuve de vie… » (24/11/2014) 

« Frère, nul n’est éternel … » (23/04/2018)

« Malgré le soir qui s’avance … » (23/04/2017)

« Poète, le soir approche ... » (23/04/2019)

Cygne (I – VI) (23/04/2020)

Cygne (VII – XII) (06/10/2020)

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