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Construire

 

Ces choses qui ne pèsent pas

Ces ombres étranges suspendues à rien.

 

Ces oiseaux immobiles dans l’extrême

Immensité silencieuse. Et cela

 

Qui s’appelle l’absence et la légèreté

Ou la joie. Ah j’ai toujours aimé ce théâtre

 

En nous-même obscur et vide et profond

Envahi de brumes et de regards,

 

Et l’épaisseur des attentes et ce recueillement.

Ce combat pacifique

 

Du jour et de la nuit du désert et du bruit.

Peut-être étions-nous si proches que rien

 

N’aurait pu nous séparer ni l’épuisement

Ni le secret ni les nuages ni ceux-là

 

Pareils à nous qui s’attardent un peu – et passent.

 

In, Jean Orizet : « La poésie française contemporaine »

Le cherche midi éditeur, 2004

Du même auteur : « Terrible est le visage du temps... » (10/10/2018)