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Sur le lac

 

Quand la lune soudain resplendira,

Nous sortirons pour voguer sur les eaux.

Le clapotis des vagues nous atteindra sans doute,

Il y aura même un peu de vent, je crois.

 

Quand nous gagnerons le large il fera sombre sans doute.

Et le son de l’eau gouttant le long des rames

Nous l’entendrons, je crois, comme une chose très intime

- Au milieu des blancs laissés par tes paroles.

 

La lune tendra l’oreille, sans doute,

Peut-être même descendra-t-elle un peu,

Et lorsque nous rapprocherons nos lèvres

Nous l’aurons, je crois, juste au-dessus de nos têtes.

 

Et toi toujours, tu parleras sans doute,

Mots légers ou boudeurs,

Que j’écouterai, je crois, dans leurs moindres détails

- Sans que mes mains ne cessent de ramer.

 

Quand la lune soudain resplendira,

Nous sortirons pour voguer sur les eaux.

Le clapotis des vagues nous atteindra sans doute,

Il y aura même un peu de vent, je crois.

 

 

Traduit du japonais par Yves-Marie Allioux

in, Nakahara Chûya : « Poèmes »

Editions Philippe Picquier, 16630 Arles, 2005