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Derniers vers

 

L'heure de ma mort, depuis dix-huit mois, 

De tous les côtés sonne à mes oreilles, 

Depuis dix-huit mois d'ennuis et de veilles, 

Partout je la sens, partout je la vois.

Plus je me débats contre ma misère, 

Plus s'éveille en moi l'instinct du malheur ; 

Et, dès que je veux faire un pas sur terre, 

Je sens tout à coup s'arrêter mon coeur.

Ma force à lutter s'use et se prodigue. 

Jusqu'à mon repos, tout est un combat ; 

Et, comme un coursier brisé de fatigue, 

Mon courage éteint chancelle et s'abat.

1857

 

Poésies posthumes

Librairie Charpentier,1888

 

Du même auteur :

La nuit de Mai (11/03/2015)

Venise (11/03/2016)