24 décembre 2017

Shū Ting / 舒婷 ( 1952 -) : La perle, cette larme de la mer

La perle, cette larme de la mer   Dans ma paume tremblante est posée une perle, telle une larme jaune pâle gouttant de la mer…   quand les flots s’éloignent pleins de ressentiments, sanglotent devant la blanche poitrine de la terre, elle est larme brûlante dans les yeux du héros, elle a sa loyauté, la lumière envieuse                    ne saurait la changer en goutte d’eau pure ; quand l’ovation des vagues... [Lire la suite]
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23 décembre 2017

Roger-Arnould Rivière (1930 - 1959) : « La mort… »

  La mort signe moins de la création   la mort ce point d’acné sur la face de la douleur   la mort surprise comme le sexe dispersion comme la volupté   La mort n’est au fond que ce gouffre vierge où notre verge de vie a soudain licence de pénétrer   la mort est au fond. Avril 1959 Poésies complètes, Guy Chambelland éditeur, 1963 Du même auteur : « Je sais la caresse du petit matin… » (23/12/2016)
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22 décembre 2017

André de Richaud (1909 – 1968) : La voie du sang

  La voie du sang A Pierre Seghers   Cet amour dénoué à travers les champs Ce poignard sanglant dans les rochers Ce vent mortel traîné par de fausses hirondelles Voilà ma pauvre vie. Il faudrait pouvoir traverser le miroir Pour vous atteindre ô vous qui m'aimez Mais il y a du sang jusqu'au plus profond de ma jeunesse.   Je suis comme la mer plein de villes flottantes Je suis comme le ciel peuplé de nuages ennuyés Ma vie, au fond des ravins Tremble chaque nuit jusqu'à l'aube   Et moi je... [Lire la suite]
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21 décembre 2017

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594 – 1651) : « Assis sur un fagot… »

  Assis sur un fagot, une pipe à la main, Tristement accoudé contre une cheminée, Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée, Je songe aux cruautés de mon sort inhumain. L'espoir, qui me remet du jour au lendemain, Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée, Et, me venant promettre une autre destinée, Me fait monter plus haut qu'un empereur romain. Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre, Qu'en mon premier état, il me convient descendre, Et passer mes ennuis à redire souvent : Non, je ne trouve point... [Lire la suite]
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20 décembre 2017

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : L’Infini / L’Infinito

  L’Infini   Toujours tendre me fut ce solitaire mont, Et cette haie qui, de tout bord ou presque, Ferme aux yeux le lointain horizon. Mais couché là et regardant, des espaces Sans limites au-delà d’elle, de surhumains Silences, un calme on ne peut plus profond Je forme en mon esprit, où peu s’en faut Que le coeur ne défaille. Et comme j’ouis le vent Bruire parmi les feuilles, cet Infini silence-là et cette voix, Je les compare : et l’éternel, il me souvient, Et les mortes saisons, et la présente Et... [Lire la suite]
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19 décembre 2017

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : Chanson du cavalier / Canción de Jinete

  Chanson du cavalier     Cordoue Lointaine et solitaire.   Cheval noir, grande lune, Des olives en ma sacoche. Bien que j’en sache les chemins Jamais je n’atteindrai Cordoue.   Par la plaine, par le vent Cheval noir, lune rouge. La mort est là me regardant Du haut des tours de Cordoue.   Ah ! qu’il est long le chemin. Ah ! mon valeureux cheval. Dire que la mort m’attend Sur la route Cordoue.   Cordoue Lointaine et solitaire.   Traduit de l’ espagnol par... [Lire la suite]
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18 décembre 2017

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : Sur la plage

  Sur la plage   Sur le sable la mer s’étale et j’écoute sa rumeur, et je ferme les yeux.   Sur ce bord européen, au cœur de l’été, après les grandes guerres du siècle.   Fronts des nouvelles générations innocents, mais marqués.   Souvent dans la foule un visage similaire, de l’un des destructeurs,   Qui ne sait qui il aurait été s’il était né plus tôt.   Choisi comme ses pères, encore que dans l’inaccomplissement. Sous les paupières je garde leurs villes éternellement jeunes.  ... [Lire la suite]
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17 décembre 2017

Raymond Queneau (1903 – 1977) : Je n'ai donc pu rêver

  Je n'ai donc pu rêver   Je n'ai donc pu rêver que de fausses manœuvres, vaisseau que des hasards menaient de port en port, de havre en havre et de la naissance à la mort, sans connaître le fret ignorant de leur œuvre.   Marins et passagers et navire qui tangue et ce je qui débute ont même expression, une charte-partie ou la démolition, mais sur ce pont se livrent des combats exsangues.   Voici : le capitaine a regardé les nuages qui démolissaient l'horizon, il descend dans la cale où... [Lire la suite]
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16 décembre 2017

Jean-Claude Renard (1922 – 2002) : L’exode annonce une rivière

  L’exode annonce une rivière A Jean Grosjean   1 Entre les roseaux, les flaques d’herbe, les buissons de genévriers, L’arc du sel au bord des vins rouges, - Je marchais vers Aigues-Mortes, Un canal ridé d’air attirait le silence, le sable Et parfois des chevaux. Qui transformera la braise immobile ?   2 Il y eut un goût de raisins à l’aplomb des saintes murailles : Une liqueur de menthe. Mais je n’entrai pas dans la ville. S’écarter comme l’épaisse trace jaune de la mer Au Grau-du-Roi, ... [Lire la suite]
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15 décembre 2017

Gérald Neveu (1921 – 1960) : Midi

  Midi   Il est tombé - dit-on – plume noire et plume blanche sa soif traînant en immense branchage et donnez-moi - dit-on – ce sourire et ce géranium !   Les portes battues parlent d’or Le vent durcit en coquillage Descends - tu le peux – de ton chariot de victoire pour un triomphe plus amer pour une marche plus charnelle   Lève ton cœur comme vipère ma petite tuile d’orgueil…   On écoute tourner le vin noircir le sang changer le sable   On écoute pourrir comme une musique... [Lire la suite]
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