05 janvier 2017

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : « N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili… »

  N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili, Elle est dans les chemins craquelés de l’été, dans la paille des meules, dans le bois sec de ton armoire, … si tu sais bien l’entendre. Elle est aussi dans le cœur du criquet. Vassili, Vassili, parce que tu as froid, ce soir, Ne nie pas le soleil.   Les poèmes de Sabine Sicaud Editions Stock, 1964 Du même auteur : Vous parlez ? (05/01/2016) Chemins du Nord (05/01/2017)
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04 janvier 2017

Saint-John- Perse (1887 – 1975) : Images à Crusoé

  IMAGES A CRUSOE   LES CLOCHES        Viel homme aux mains nues,      remis entre les hommes, Crusoé !      tu pleurais, j’imagine, quand des tours de l’Abbaye, comme un flux, s’épanchait le sanglot des cloches sur la Ville…      Ô Dépouillé !      Tu pleurais de songer aux brisants sous la lune ; aux sifflements de rives plus lointaines ; aux musiques étranges qui naissent et... [Lire la suite]
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03 janvier 2017

Louise Labé (1526 – 1566) : « Tant que mes yeux… »

  Tant que mes yeux pourront larmes épandre, A l’heur passé avec toi regretter : Et qu’aux sanglots et soupirs résister Pourra ma voix, et un peu faire entendre :   Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard Luth, pour tes grâces chanter : Tant que l’esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toi comprendre :   Je ne souhaite encore point mourir. Mais quand mes yeux je sentirai tarir, Ma voix cassée, et ma main impuissante,   Et mon esprit en ce mortel... [Lire la suite]
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02 janvier 2017

René Ménard (1908 - 1980 ) : D’autres ont la liberté…

  D’autres ont la liberté… A Aimé Flamet   I        D’autres ont la liberté de marcher de-ci, de-là, et la terre est élastique sous les pas de l’homme libre.      Ils vont et viennent selon leur fantaisie ou leurs affaires et le monde quelquefois paraît trop grand pour eux.      Mais il arrive aussi que devant leurs yeux les horizons reculent et que ces hommes regardent par-dessus les collines      Ou que devant eux, le soir,... [Lire la suite]
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01 janvier 2017

Raoul Schrott (1964 - ) : Une histoire de l’écriture III / Eine Geschichte der Schrift III

    Une histoire de l’écriture III   là où le fleuve ruisselle sur les dalles rocheuses, le blanc des bulles pousse dans l’ocre des embruns – le vert repu où l’eau a inondé le rectangle des champs fait croître le riz dans la fumée que soufflent les feux de brousse – et puis, l’après-midi, viennent les orages et se brûlent aux eucalyptus – la canicule déchiffre son territoire et cuit les herbages argileux en motte de latérite – les flammes teintent de rouge le fer aux racines de l’herbe et lessivent la rive... [Lire la suite]
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30 décembre 2016

Djalal ad-Dīn Muhammad Rūmī (1207- 1273) /جلالالدین محمد رومی : « … Comme les oiseaux de mer »

  … Comme les oiseaux de mer, les hommes viennent de l’océan –      l’océan de l’âme. Comment, né de cette mer, l’oiseau ferait-il ici-bas sa demeure ? Nous, nous sommes des perles au sein de cette mer, c’est là que      demeurons tous : sinon, pourquoi la vague succède-t-elle à la vague qui vient de la      mer de l’âme ? La vague de « Ne suis-Je pas » est venue, elle a brisé le vaisseau      du corps ; et... [Lire la suite]
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29 décembre 2016

Abdourahman A. Wabéri (1965 - ) : Fil blanc, fil noir

  Fil blanc, fil noir   Il y a des jours de grand air Des bottines au vent Martelant les pavés de la rue Saint-Martin   Des jours d’ennui où la morgue aux lèvres J’accueille mes peurs par bosquets massifs   Il y a des jours d’azur Qui amassent les billes fulgurantes de l’enfance Toute une vie dans l’écho de ma langue     Il y a des êtres de peu d’importance Dont le nom figure sur nul registre   Il y a des jours où L’on soupire Tu manques à mon ombre Pour dire l’absence De... [Lire la suite]
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28 décembre 2016

François Maynard (1582 – 1646) : « Je donne à mon désert… »

  Je donne à mon désert les restes de ma vie, Pour ne dépendre plus que du Ciel et de moi. Le temps et la raison m'ont fait perdre l'envie D'encenser la faveur, et de suivre le Roi. Forêt, je suis ravi des bois où je demeure. J'y trouve la santé de l'esprit et du corps. Approuve ma retraite ; et permets que je meure Dans le même village où mes pères sont morts. J'ai fréquenté la Cour où ton conseil m'appelle, Et sous le Grand Henry je la trouvais si belle, Que ce fut à regret que je lui dis adieu. Mais... [Lire la suite]
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27 décembre 2016

Mathurin Régnier (1573 – 1613) : « Quand sur moi je jette les yeux… »

  Quand sur moi je jette les yeux, À trente ans me voyant tout vieux, Mon coeur de frayeur diminue : Étant vieilli dans un moment, Je ne puis dire seulement Que ma jeunesse est devenue. Du berceau courant au cercueil, Le jour se dérobe à mon oeil, Mes sens troublés s'évanouissent. Les hommes sont comme des fleurs Qui naissent et vivent en pleurs, Et d'heure en heure se fanissent. Leur âge, à l'instant écoulé, Comme un trait qui s'est envolé, Ne laisse après soi nulle marque ; Et leur nom, si fameux... [Lire la suite]
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26 décembre 2016

Jakez Riou (1899 – 1937) : La fontaine noire / Ar feunteun zu

  La fontaine noire   L’eau lente tombe, goutte après goutte, le long de la fougère.   Silencieuse et nonchalante l’eau sourd du flanc de la vallée ; depuis des siècles ses gouttes, toujours, toujours, tombent du cœur de la roche.   Nuit et jour, le long de la fougère, goutte après goutte, lente.   Sans aucun bruit, elle tombe le long de la fougère, dans un creux si profond qu’on ne la voit pas.   Mais comment se fit-il, que dans ma solitude, je restai jusqu’au soir à... [Lire la suite]
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