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Désert

 

« Dieu seul est Dieu, Mohammed rassoul Allah ! »

La voix du Muezzin bondit sur les dômes,

S’enfle, s’étend, puis s’éteint au loin là-bas... »

Lentement se courbent les corps de nos hommes...

Rythme le morne chœur assourdi et las,

Et les pointes noires des cases en chaume

Frangent l’horizon que nous n’atteindrons pas.

 

Sur le désert et dans l’infini des âges

Titubant ainsi dans le sable sans fin

Aborderons-nous à de lointains rivages ?

 

Irons-nous ainsi chaque jour vers demain ?

Vers des haltes lointaines, de lointains havres

Où nos rêves ne seront que des cadavres ?

 

Leurres et lueurs

Présence Africaine,1960

Du même auteur : Souffles (09/10/2014)