21 octobre 2019

Albert Samain (1858 - 1900) : « Mon âme est une infante ... »

  Mon âme est une infante en robe de parade, Dont l'exil se reflète, éternel et royal, Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial, Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.   Aux pieds de son fauteuil, allongés noblement, Deux lévriers d'Écosse aux yeux mélancoliques Chassent, quand il lui plaît, les bêtes symboliques Dans la forêt du Rêve et de l'Enchantement.   Son page favori, qui s'appelle Naguère, Lui lit d'ensorcelants poèmes à mi-voix, Cependant qu'immobile, une tulipe aux doigts, Elle... [Lire la suite]
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21 octobre 2017

Albert Samain (1858 – 1900) : « Il est d’étranges soirs… »

  Il est d’étranges soirs, où les fleurs ont une âme, Où dans l’air énervé flotte du repentir, Où sur la vague lente et lourde d’un soupir Le cœur le plus secret aux lèvres vient mourir. Il est d’étranges soirs, où les fleurs ont une âme, Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.   Il est de clairs matins, de roses se coiffant, Où l’âme a des gaietés d’eaux vives dans les roches, Où le cœur est un ciel de Pâques plein de cloches, Où la chair est sans tache et l’esprit sans reproches. Il est de clairs... [Lire la suite]
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21 octobre 2016

Albert Samain (1858 -1900) : « Je rêve de vers doux… »

  Je rêve de vers doux et d'intimes ramages, De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages, De vers blonds où le sens fluide se délie Comme sous l'eau la chevelure d'Ophélie, De vers silencieux, et sans rythme et sans trame Où la rime sans bruit glisse comme une rame, De vers d'une ancienne étoffe, exténuée, Impalpable comme le son et la nuée, De vers de soir d'automne ensorcelant les heures Au rite féminin des syllabes mineures. De vers de soirs d'amour énervés de verveine, Où l'âme sente, exquise, une caresse à... [Lire la suite]
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