118394274_1_

 

Retour

à Jean-Jacques Rizzolio

 

 

Après les bois de pins, les oliviers, les vignes,

La ville dont la pierre a la douceur des corps,

Voici le pays froid, les longs murs sans lumière,

Les passants au regard de juge, sans éclat.

 

Je suis là, dispersé comme la pluie amère

Que le vent chasse dans la tristesse des rues

Où nulle image d’or, nul rêve de statue,

Ne vient récompenser la quête du regard.

 

Nous voici retombés dans ce climat sans joie

Avec un jet de feu écrasé dans nos veines ;

Partout nous rencontrons la stérile raison,

Les fenêtres n’ont plus de lumières humaines.

 

C’est un temps de brouillard, de bataille perdue,

Un lieu triste où les corps ont désappris l’amour...

Lentement le soleil traverse l’étendue

D’un ciel morne où la nuit semble mêlée au jour.

 

in, « Ressac, Anthologie jeune poésie »

Régis Dupont éditeur, Onex (Suisse), 1980

Du même auteur :

Postface (09/12/2015)

Le mur (09/12/2016)

Quand je me trouve seul (09/12/2017)