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Au lieu de pleurer

sur la tombe du jeune mort

les amis se recueillent

dans le chant familier

 

qui l’aidait à franchir

les heures vers la nuit

et qu’il a revêtu

un matin pour mourir

 

afin que cet air

lui prête quelquefois

des bras pour entourer

les vivants bien – aimés

 

Linceul

de l’émotion humaine

la musique abrite

pour tous les jours

 

son âme qui respire

et son pas de silence

son sourire le plus secret

un vol de mouettes sur les vagues

 

Une langue sauvage

Editions Rougerie, 1996