Alfonso Gatto (1909 – 1976) : A mon père / A mio padre
A mon père
Si tu revenais ce soir à mon côté
le long de la rue où l’ombre descend
bleue déjà comme si c’était le printemps,
pour te dire combien le monde est sombre et comment
sous nos rêves en liberté il s’illuminerait
d’espoirs, de pauvres, de ciel,
je trouverais des larmes d’enfant
et de grands yeux de sourire, noirs
noirs comme les hirondelles de mer.
Il suffirait que tu sois vivant,
un homme vivant avec ton cœur est un rêve.
Aujourd’hui est une ombre pour la terre le souvenir
de ta voix qui disait à tes enfants :
« Comme la nuit est belle et comme elle est bonne
de nous aimer ainsi, l’air en crue
jusqu’au cœur du sommeil. » Tu voyais le monde
à la pleine lune tendre vers le ciel,
les hommes en marche vers l’aube.
Traduit de l’italien par Bernard Simeone
In, Alfonso Gatto : « Pauvreté comme le soir »,
Editions La Différence (Orphée), 1989
Du même auteur :
Mots / Parole (27/08/2018)
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Poésie d’amour / Poesia d’amore (31/07/2024)
A mio padre
Se mi tornassi questa sera accanto
lungo la via dove scende l’ombra
azzura già che sembra primavera,
per dirti quanto è buio il mondo e come
ai nostri sogni in libertà s’accenda
di speranze di poveri di cielo,
io troverei un pianto da bambino
e gli occhi aperti di sorriso, neri
neri come le rondini del mare.
Mi basterebbe che tu fossi vivo,
un uomo vivo col tuo cuore è un sogno,
Ora alla terra è un’ombra la memoria
della tua voce che diceva ai figli :
« Com’è bella la notte e com’è buona
ad amarci così con l’aria in piena
fin dentro al sonno ». Tu vedevi il mondo
nel plenilunio sporgere a quel cielo,
gli uomini incamminati verso l’alba.
Il capo sulla neve
Quaderni di Milano – Sera (N°2), Milano, 1947
Poème précédent en italien :
Dino Campana : Gênes / Genova (20/08/2017)
Poème suivant en italien :
FrançoisPétrarque / Francesco Petrarca : « Quand parfois, au milieu d’autres dames… / « Quando fra l'altre donne ad ora ad ora… » (30/08/2017)