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Le bar à poèmes
7 novembre 2025

Alda Merini (1931 – 2009) : « Les plus beaux poèmes... » / « Le più belle poesie... »

 

 

 

Les plus beaux poèmes 


s’écrivent sur les pierres


genoux écorchés,


esprit aiguisé par le mystère.


Les plus beaux poèmes s’écrivent 


devant un autel vide,


encerclés par des agents    


de la divine folie.


Ainsi, fou criminel que tu es


tu dictes tes vers à l’humanité,


vers de la rescousse


et prophéties bibliques,


tu es frère de Jonas.


Mais dans la Terre Promise


où germent les pommes d’or


et l’arbre de la connaissance


Dieu n’est jamais descendu ni ne t’a jamais maudit.


Toi si, tu maudis


heure par heure ton chant


car te voilà descendu dans les limbes 


où tu respires l’absinthe


d’une survie refusée.

 

 

*


Terminé enfin cet enfer,


depuis longtemps déjà, désormais c’est printemps :


l’ordre juste


du sommeil remonte le long de mes chevilles


frappe ma tête comme un tonnerre.


Enfin la paix, 


mes flancs et mon esprit vaincu,


et moi qui repose précise sur les pentes


de mon destin du moins pour cette heure


qui me sépare de l’infâme aurore.

 

 

 


Traduit de l’italien par Viviane Campi


in, Revue « Inuits dans la jungle, N°1 »


Le Castor Astral, In’Hui, Phi Editions, 2008

 

 

 

Le più belle poesie


si scrivono sopra le pietre


coi ginocchi piagati


e le menti aguzzate dal mistero.


Le più belle poesie si scrivono


davanti a un altare vuoto,


accerchiati da agenti


della divina follia.


Così, pazzo criminale qual sei


tu detti versi all’umanità,


i versi della riscossa


e le bibliche profezie


e sei fratello a Giona.


Ma nella Terra Promessa


dove germinano i pomi d’oro


e l’albero della conoscenza


Dio non è mai disceso né ti ha mai maledetto.


Ma tu sì, maledici


ora per ora il tuo canto


perché sei sceso nel limbo,


dove aspiri l’assenzio


di una sopravvivenza negata.

 

 

*


Cessato è finalmente questo inferno,


già da gran tempo, ormai la primavera :


l’indole giusta


del sonno mi risale le caviglie


mi colpisce la testa come un tuono.


Finalmente la pace,


i miei fianchi e la mia mente vinta,


ed io riposo giusta sui declivi


della mia sorte almeno per quell’ora


che mi divide dall’infame aurora.

 

 

 


La Terra santa


Libri Scheiwiller, Milano, 1984

 

Poème précédent en italien :


François Pétrarque / Francesco Petrarca : « Le premier jour que trépassa la belle... / « Li angeli elleti, e l'anime beata... »

(19/10/2025)

 

Poème suivant en italien : 


Giorgio Caproni : Petits vers du contrecaproni / Versicoli del controcaproni (15/12/2025)

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