06 juillet 2018

Jan Vladislav (1923 – 2009) : Soliloques

    Soliloques   1 Où les emportes-tu, train, destin, au panache de fumée sous le firmament noir et au-dessus de moi ?   Où portes-tu la tête penchée à la fenêtre comme si elle attendait le couperet de ta guillotine ?   Où portes-tu ces bras levés, rajustant la chevelure blonde que fixe de son coin un homme chapeauté paré du rubis de sa cigarette ?   Où portes-tu ces valises posées sur les lattes écaillées des bancs quand au-dessus de moi qui me tiens dans la... [Lire la suite]
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06 juillet 2017

Jan Vladislav (1923 – 2009) : Suite d’automne

    Suite d’Automne A la mémoire de Frantisek  Halas   1 Dans la couronne de terre sommeille ce qui jadis, avide, buvait le monde. Ce qui jadis était une tête vivante, croquant à belles dents la fleur vivante d’amour et de mort alliés, toujours liés dans la chair. Et nous nous illusionnons qu’aujourd’hui vous savez pour que ne nous effraie votre rêve.   2 Il est trop long. On n’entend même plus de lourd gémissements nocturnes. On ne verra pas la terre s’ouvrir dans un gloria de cloches... [Lire la suite]
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06 juillet 2016

Jan Vladislav (1923 – 2009) : Laisses

    Laisses   Pour que tu puisses les lire, que tu les comprennes, pour que tu trembles, feuille sous la bouche du vent.   * Pour que la rumeur des vagues des dunes lointaines y murmure, de la mer qui monte aux lèvres dès qu’on y plonge la coupe.   * Pour que le souffle y couve de chatoyantes coquilles de mer, flammèches d’échos secrets que rien n’étouffe.   * Pour que tu puisses les porter cent ans plus tard à l’oreille et retrouver ce qu’aujourd’hui je te dis sans le dire. ... [Lire la suite]
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19 juillet 2015

Jean Vladislav (1923 – 2009) : Brumes

Brumes   1 De nouveau, cheminées fumant dans la brume du matin. De nouveau, feuilles, jours de l’arbre mis à nu rasant en volée dans ta rue déserte le pavé mouillé de l’aube. Et de nouveau cœur, plaie palpitante, blotti entre les livres, qui ne pense qu’à toi près du feu mi-éteint et glaçant. Mais hors de ces jours s’écroulant sous ton poids, il n’y a pas de jours.   2 Cruautés du bonheur que tu m’apprends, cruautés de l’amour dont tu m’accables : voudrais-tu donc que je ne sois qu’une torche... [Lire la suite]
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