12 octobre 2018

Dominique Sampiero (1954 -) : « Je range tes lettres... »

                  Je range tes lettres comme des papillons ou je ne sais quoi. Comme des pages de lumière vivante qui battent des ailes avant qu’on repousse le tiroir. Je les entends remuer la nuit, le jour. Tu sais à quelle vitesse s’éteignent ces brasiers qui nous font croire plus vivants. Cette sorte d’amour. On a beau tourner la page, c’est encore la blancheur. On entre jamais ici, on effleure.   La fraîche évidence Edition Lettres... [Lire la suite]
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12 octobre 2017

Dominique Sampiero (1954-) : « Tu dis « je vais à ta rencontre » …

            Tu dis « je vais à ta rencontre » et tu marches vers toi-même. Tu coules à pic dans le matin, tentes un premier pas. La fin du jour est tienne. Semence cachée, tu entres dans le désordre de ton village. Tu ne reconnais plus ta nudité, ni ce qui chuchote en toi. T’y demeures là et tu pleures, sans royaume, sans frontière, dans le prodige de la nuit et du renoncement. C’est cela le premier mot, un endroit d’herbes longues, de vipères, de coupures sur la peau.... [Lire la suite]
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12 octobre 2016

Dominique Sampiero (1954 - ) : « La main, en écrivant… »

  Mains nues   10    La main, en écrivant, touche le monde, l’incendie, retrouve chaque souvenir. Les ombres accourent, les contours retentissent de soies rugueuses, d’appels. Et ce qui chante se lève, réchauffe les parois.    Il y a la main des fruits, pommes, citrons, framboises, celle délicate qui soupèse, hume, et s’approche de l’énigme, se glisse dans le ruisseau des saveurs, accueille le pubis d’une pêche comme une joue d’enfant parce que la neige est déjà dans l’épluchure, une immensité... [Lire la suite]
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30 octobre 2014

Dominique Sampiero (1954 - ) : « On ne peut pas s'empêcher de mourir »

    On ne peut pas s'empêcher de mourir           N'être rien rend fou tant que l'on résiste.       N'être rien est une jouissance quand on s'y abandonne, les yeux fermés, pour laisser le silence nous dévaster.        N'être rien me parle plus que tout, c'est absurde, rien ne devrait rien dire, mais si, au contraire, seul ce qui n'est pas moi me parle, j'apprends la langue qui me ravage.   *      Là où... [Lire la suite]
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