04 octobre 2021

Claudio Rodríguez (1934 -1999) : L’embauche des gamins / « Qué estáis haciendo aquí?.. »

Claudio Rodríguez. FOTO L.O.Z   L’embauche des gamins        Que faites-vous ici ? Que faisons-nous tous au centre de la place à cette heure-ci ? Avec ce soleil, qui voudra sortir de chez lui seulement pour voir l’état du marché, pour voir s’il a bonne mine le fruit de notre vie, si ce n’est pas le trop-plein de nos années que nous vendons ? Allez, on ferme ! Courons vers une autre foire, où il y ait un beau marché, où l’on marchande, chaparde, où l’on cueille notre... [Lire la suite]
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04 octobre 2020

Claudio Rodríguez (1934 -1999) : Etranger / Ajeno

  Etranger        Longue est la journée de qui n’aime pas et le sait. Il entend les accents durs et courts de son corps, sa chanson éraillé, sonnant toujours à lointain. Il ferme sa porte, la voilà bien fermée ; il sort et, pour un moment, ses genoux vont heurter le sol. Mais l’aube avec une dangereuse générosité, le rafraîchit et le redresse. Très claire est sa rue, il l’arpente d’un pied sombre, et il boîte aussitôt parce qu’il est accompagné de sa seule fatigue. Et il se voue à... [Lire la suite]
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04 octobre 2019

Claudio Rodríguez(1934 - 1999) : Don de l’ivresse / Don de la ebriedad

  Don de l’ivresse   III        Le chêne, qui conserve mieux un rayon de soleil qu’un mois entier de printemps, ne sent pas la spontanéité de son ombre, la simplicité de sa croissance ; c’est à peine s’il connaît le terrain sur lequel il a poussé. Avec ce vent qui laisse sur ses branches une absence de musique, il imagine pour ses rêves un vaste plateau. Et avec quelle rapidité il s’identifie au paysage, à l’âme tout entière de sa frondaison et de moi-même. Il irait jusqu’au... [Lire la suite]
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04 octobre 2018

Claudio Rodríguez(1934 – 1999) : Parce que nous ne possédons rien / Porque no poseemos

Parce que nous ne possédons rien Le regard I Parce que nous ne possédons rien, nous voyons. L’œil, brûlant à cette heure du jour, quand la lumière, cruelle à force d’être vraie, blesse le regard, ne m’apporte plus la simplicité d’autrefois. Je ne sais plus ce qui meurt, ni ce qui ressuscite. Mais je regarde, m’enflamme, et le regard devient baiser – d’amour ou de trahison, je ne sais pas. Le regard voudrait modeler les choses, arrêter la hâte aveugle des adieux, vêtir et cacher la terrible nudité des adieux, ... [Lire la suite]
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