24 avril 2018

Georges Ribemont-Dessaignes (1884 – 1974) : Se confondre

  Se confondre   De rien, choses, naissez, cruelles apparences, Néant, vieux magasin, prends ton enseigne visible.   Et toi, bel univers, si vieux, si jeune, ô monde inconnu, Tu prendras ta place Dans les draps de mon sang, dans les plis de mes mains, Sur la paix de mes lèvres, Je tâcherai de naître à tes apparences, Je t’interrogerai comme il se doit, Je t’aimerai pour toi.   Je ne serai rien, je serai tout, Une herbe, un éphémère, un air, Bételgeuse, une voix –   Non, rien, Le vide, et... [Lire la suite]
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24 avril 2017

Georges Ribemont-Dessaignes (1884 - 1974) : « Il y avait un grand silence… »

  Il y avait un grand silence, car derrière tout ce qui se passe Il ne se passe rien, il y a un grand silence, On entend juste son cœur qui bat, Un cœur qui bat, cela ne se comprend pas, Mais toute cette vie, qu’est-ce donc, Toute cette vie bonne à dormir à l’abandon, La tête couchée sur les pierres Qui ne bougent pas, ne comprennent pas, ne pensent pas Ne dorment ni veillent Ni rêvent, Toute cette vie que les hommes ont comme si on la leur avait      donnée Mais qu’on ne leur a pas donnée, ... [Lire la suite]
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24 avril 2016

Georges Ribemont – Dessaignes (1884 – 1974) : A la tourterelle

  A la tourterelle   Oh,  pourquoi ris-tu, tourterelle des ténèbres ? - Je ris de tes larmes de plâtre, de ton visage sévère, De ton habit d’appariteur, De cette cage d’oiseau prophète Que tu caches dans ton cœur. - O tourterelle, démon noir aux ailes blanches, Mon prince ! - Je ris, quoi, c’est mon chant, le rire, Connais-tu pas l’oiseau-rire ? C’est ma manière à moi d’annoncer l’heure dernière.   Perché sur l’épaule du grand Juge Au bord de Josaphat, Je ris de ton malheur, de ta... [Lire la suite]
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24 avril 2015

Georges Ribemont – Dessaignes (1894 – 1974) : Bohémienne 1940

Bohémienne 1940    Il n’y a plus de villes, les routes sont pleines Les lits se sont vidés, ô beaux amours déserts, On a vidé la salle et soufflé sur les cendres, On a tiré la nappe et la ville se casse Au flanc de la panique, au sourire du ciel. Allez, berceaux, flottez sur les eaux sans sommeil, Loin d’un nord privé de l’étoile boréale Allez, femmes, volez vers quelles oasis Ou vous dormirez dans les souvenirs d’amour Au coin d’une place lourde et pleine de douleurs Parmi les vains débris de moites opulences.... [Lire la suite]
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