20 juin 2020

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos (XXXI - XLIX)

  XXXI Si je dis parfois que les fleurs sourient et s’il m’advient de dire que les fleuves chantent, ce n’est pas que je croie qu’il y ait dans les fleurs des sourires et dans le cours des fleuves des chansons... C’est parce que ainsi je fais sentir davantage aux hommes faux l’existence authentiquement réelle des fleuves et des fleurs...   Comme j’écris pour qu’ils me lisent je me sacrifie parfois à la grossièreté de leurs réactions... Je suis en désaccord avec moi-même, mais je m’absous, parce que je suis... [Lire la suite]
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20 juin 2019

Fernando Pessoa (1888 - 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos (XI-XXX)

  XI Cette dame à un piano qui est agréable mais qui n’est pas le cours des fleuves ni le murmure que font les arbres...   Pourquoi faut-il qu’on ait un piano ? Le mieux est qu’on ait des oreilles et qu’on aime la Nature.   XII Les bergers de Virgile jouaient du chalumeau et d’autres instruments et chantaient d’amour littérairement. (Ensuite – moi je n’ai jamais lu Virgile et pourquoi donc l’aurais-je lu ?)   Mais les bergers de Virgile, les pauvres, sont Virgile, et la Nature est aussi... [Lire la suite]
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20 juin 2018

Fernando Pessoa : (1888 - 1935) : « Parfois, en certains jours de lumière ... » / « Às vezes, em dias de luz... »

  Parfois, en certains jours de lumière parfaite et exacte, où les choses ont toute la réalité dont elles portent le pouvoir, je me demande à moi-même tout doucement pourquoi j’ai moi aussi la faiblesse d’attribuer aux choses de la beauté.   De la beauté, une fleur par hasard en aurait-elle ? Un fruit, aurait-il par hasard de la beauté ? Non : ils ont couleur et forme et existence tout simplement. La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas et que je donne aux choses en fonction du... [Lire la suite]
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20 juin 2017

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos (I -X)

  Le gardeur de troupeaux  I  Jamais je n’ai gardé de troupeaux, Mais c’est tout comme si j’en  gardais. Mon âme est semblable à un pasteur, elle connait le vent et le soleil et elle va la main dans la main avec les Saisons, suivant sa route et l’œil ouvert. Toute la paix d’une Nature dépeuplée auprès de moi vient s’asseoir. Mais je suis triste ainsi qu’un coucher de soleil est triste selon notre imagination, quand le temps fraîchit au fond de la plaine et que l’on sent la... [Lire la suite]
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20 juin 2016

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Passage des heures / Passagem das horas

  Passage des heures 25 mai 1916 Je porte dans mon cœur comme dans un coffre impossible à fermer tant il est plein, tous les lieux que j’ai hantés, tous les ports où j’ai abordé, tous les paysages que j’ai vus par des fenêtres ou des hublots, ou des dunettes, en rêvant, et tout cela, qui n’est pas peu, est infime au regard de mon désir.   L’entrée de Singapour, au petit jour, de couleur verte, le corail des Maldives dans la touffeur de la traversée, Macao à une heure du matin… Tout à coup je m’éveille… ... [Lire la suite]
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20 juin 2015

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Ajournement / Adiamento

  Ajournement   14 avril 1928.   Après demain, oui, après-demain seulement... Je passerai la journée de demain à penser à après-demain, et ainsi ce sera possible ; mais pas aujourd’hui... Non, aujourd’hui pas moyen ; impossible aujourd’hui. La persistance confuse de ma subjectivité objective, le sommeil de ma vie réelle, intercalé, la lassitude anticipée et infinie, un monde de lassitude pour prendre un tram... cette espèce d’âme... ... [Lire la suite]
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20 juin 2014

Fernando Pessoa (1888 -1935) : À la veille de ne jamais partir / Na véspera de não partir nunca

27 septembre 1934   A la veille de ne jamais partir du moins n’est-il besoin de faire sa valise ou de jeter des plans sur le papier, avec tout le cortège involontaire des oublis pour le départ encore disponible du lendemain. Le seul travail, c’est de ne rien faire à la veille de ne jamais partir. Quel grand repos de n’avoir même pas de quoi avoir à se reposer ! Grande tranquillité, pour qui ne sait même pas hausser les épaules devant tout cela, d’avoir pensé le tout et d’avoir de propos délibéré atteint le... [Lire la suite]
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