20 juin 2018

Fernando Pessoa : (1888 - 1935) : « Parfois, en certains jours de lumière ... » / « Às vezes, em dias de luz... »

  Parfois, en certains jours de lumière parfaite et exacte, où les choses ont toute la réalité dont elles portent le pouvoir, je me demande à moi-même tout doucement pourquoi j’ai moi aussi la faiblesse d’attribuer aux choses de la beauté.   De la beauté, une fleur par hasard en aurait-elle ? Un fruit, aurait-il par hasard de la beauté ? Non : ils ont couleur et forme et existence tout simplement. La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas et que je donne aux choses en fonction du... [Lire la suite]
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20 juin 2017

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Le Gardeur de troupeaux / O Guardador de rebanhos

  Le gardeur de troupeaux  I  Jamais je n’ai gardé de troupeaux, Mais c’est tout comme si j’en  gardais. Mon âme est semblable à un pasteur, elle connait le vent et le soleil et elle va la main dans la main avec les Saisons, suivant sa route et l’œil ouvert. Toute la paix d’une Nature dépeuplée auprès de moi vient s’asseoir. Mais je suis triste ainsi qu’un coucher de soleil est triste selon notre imagination, quand le temps fraîchit au fond de la plaine et que l’on sent la... [Lire la suite]
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20 juin 2016

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : Passage des heures / Passagem das horas

  Passage des heures 25 mai 1916 Je porte dans mon cœur comme dans un coffre impossible à fermer tant il est plein, tous les lieux que j’ai hantés, tous les ports où j’ai abordé, tous les paysages que j’ai vus par des fenêtres ou des hublots, ou des dunettes, en rêvant, et tout cela, qui n’est pas peu, est infime au regard de mon désir.   L’entrée de Singapour, au petit jour, de couleur verte, le corail des Maldives dans la touffeur de la traversée, Macao à une heure du matin… Tout à coup je m’éveille… ... [Lire la suite]
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20 juin 2015

Fernando Pessoa (1888 – 1935) : « Plutôt le vol de l’oiseau … » / « Antes o vôo da ave, que passa »

  Plutôt le vol de l’oiseau qui passe sans laisser de trace, que le passage de l’animal, dont l’empreinte reste sur le sol. L’oiseau passe et oublie, et c’est ainsi qu’il doit en être. L’animal, là où il a cessé d’être et qui, partant, ne sert à rien, montre qu’il y fut naguère, ce qui ne sert à rien non plus.   Le souvenir est une trahison envers la Nature, Parce que la Nature d’hier n’est pas la Nature. Ce qui fut n’est rien, et se souvenir c’est ne pas voir.   Passe, oiseau, passe,  et apprends-moi... [Lire la suite]
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20 juin 2014

Fernando Pessoa (1888 -1935) : À la veille de ne jamais partir / Na véspera de não partir nunca

27 septembre 1934 À la veille de ne jamais partir du moins n’est-il besoin de faire sa valise ou de jeter des plans sur le papier, avec tout le cortège involontaire des oublis pour le départ encore disponible du lendemain. Le seul travail, c’est de ne rien faire à la veille de ne jamais partir. Quel grand repos de n’avoir même pas de quoi avoir à se reposer ! Grande tranquillité, pour qui ne sait même pas hausser les épaules devant tout cela, d’avoir pensé le tout et d’avoir de propos délibéré atteint le rien. ... [Lire la suite]
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