18 décembre 2018

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : A Allen Ginsberg / Do Allena Ginsberga

  A Allen Ginsberg     Allen, mon cher, mon grand poète d’un siècle meurtrier, toi qui t’obstinant dans ta folie es arrivé à la sagesse. Je t’avoue que ma vie n’a pas été telle que je l’aurais souhaitée.   Et maintenant qu’elle est passée, elle reste là comme un pneu inutile au bord de la route.   Elle était comme la vie de millions d’hommes, contre laquelle tu te révoltais au nom de la poésie et de Dieu tout-puissant.   Soumise aux bonnes mœurs, avec la conscience que ces mœurs... [Lire la suite]
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18 décembre 2017

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : Sur la plage

  Sur la plage   Sur le sable la mer s’étale et j’écoute sa rumeur, et je ferme les yeux.   Sur ce bord européen, au cœur de l’été, après les grandes guerres du siècle.   Fronts des nouvelles générations innocents, mais marqués.   Souvent dans la foule un visage similaire, de l’un des destructeurs,   Qui ne sait qui il aurait été s’il était né plus tôt.   Choisi comme ses pères, encore que dans l’inaccomplissement. Sous les paupières je garde leurs villes éternellement jeunes.  ... [Lire la suite]
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18 décembre 2016

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : CELA / TO

  CELA   Si je pouvais enfin dire ce qui m’habite. M’écrier : hommes, je vous ai menti En disant qu’il n’y a pas cela en moi, Alors que CELA y est sans cesse, jour et nuit. Bien que ce fût précisément grâce à cela Que je savais décrire vos villes inflammables, Vos amours brèves et vos amusements qui se désagrègent en      poussière, vos boucles d’oreilles, miroirs, la bretelle qui glisse, les scènes dans les chambres et sur les champs de bataille.   L’écriture était pour moi une... [Lire la suite]
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18 décembre 2015

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : Dante

  Dante   Ainsi ne rien avoir. Ni terre ni abîme. Tournant sur lui-même le cercle des saisons. Les gens sous les étoiles Vont et se dispersent En poussière quasi stellaire. Les machines moléculaires Travaillent infailliblement, comme des automates. Lilium colombianum ouvre ses fleurs rayées comme des tigres, Qui aussitôt se recroquevillent sur leur poix gluante. Les arbres poussent à la verticale, tout droit dans les airs.   Alchimiste Alighieri, si loin De ton ordre cet ordre sans queue ni tête, Cosmos... [Lire la suite]
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