24 janvier 2018

Robert Marteau (1925 – 2011) : Brindilles au ciel

  Brindilles au ciel, je m’imagine qu’un homme Pourrait, chaque jour, attentif à cela seul, L’arbre, consacrer à sa croissance sa vie, Acquiesçant, acquérant par ce soin assidu Connaissance autre contre quelconque désir De savoir ; qu’il comprendrait, livré à la joie, Par superstition l’envers vide où plus rien Ne résiste à être identifié par qui Ne prononce pas en vain le nom ; connaîtrait, Voué en pure perte au temps, l’accès, non qu’il Voulût, s’étant défait de tout gain, gagner Dieu Sait quoi ;... [Lire la suite]
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27 août 2016

Robert Marteau (1925 – 2011) : « Un arbre éperdument… »

      Un arbre éperdument jette ses bras au ciel Car le lierre à la longue l'a étranglé : On le voit qui voudrait à tout prix s'agripper À tout ce qui passe en fait de nuages, brumes, Mais il ne saisit rien, et c'est l'insaisissable Qui s'empare sournoisement de lui, l'évide, Le point de l'écorce au cœur sans que compatissent Pour autant les étourneaux qui viennent en bandes S'y poser, y sifflant et modulant leurs notes, Surtout quand le soleil descend, visible ou non, Et qu'il va faire nuit. Et quand... [Lire la suite]
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27 août 2015

Robert Marteau (1925 – 2011) : « C’est ce que j’aime… »

  C’est ce que j’aime : un tertre avec des cyprès ; l’eau Qui ruisselle sur la pierre d’un abreuvoir ; Des chevaux disséminés parmi les genêts ; Un chemin qui s’insinue entre l’herbe ; un toit De tuiles ; une hirondelle accrochée au bord De la génoise ; un épouvantail que les pies Prennent pour un perchoir et que les geais vitupèrent. C’est le premier matin de juin : le faisan Salue, étonné du silence ; un coup de vent Fait parler le frêne, emportant un papillon Sur les vagues... [Lire la suite]
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27 août 2014

Robert Marteau (1925 – 2011) : « Ne fais pas de ta vie un désert… »

  Ne fais pas de ta vie un désert. N’en expulse Ni Dieu ni les divins qui t’ont permis de vivre Un peu plus qu’un instant ici même où tu es Sans que tu saches la raison. Entre les herbes, Le ruisseau brille et nous murmure quelque chose Que nous ne comprenons pas, bien que le chant, comme L’eau, en soit clair. Pas plus, tu ne déchiffres l’A B C que la buse épelle en miaulant sur Son erre, ni le jaune intense des crépides Face au soleil tout-puissant que les oiseaux noirs, Haut perchés sur le coteau, acclament. Le... [Lire la suite]
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