22 avril 2020

Michel Manoll (1911 – 1984) : A René Guy Cadou

  A René Guy Cadou   Ô mon ami, glycine odorante d’avril Et qui tiens sous ton joug un essaim de pétales, Le temps n’a pas pouvoir de dénouer le fil Qui nous rattache au même océan végétal, Le temps n’a pas pouvoir de faner le pistil Où la lumière avive, un instant, son cristal. Le feu que nous avons tant de fois allumé Brûle encore au déclin du jour, parmi les treilles Où le ciel migrateur butine tes prunelles De givre, de pollen et de houle tramées.   Il n’est que d’entrouvrir la porte d’une auberge, ... [Lire la suite]
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06 mars 2018

Michel Manoll (1911 – 1984) : La maison de la mer

  La maison de la mer   Non, ne me cherchez plus sous ces tuiles disjointes, Mouette d’autrefois, visiteuse attentive, Je ne reviendrai plus m’asseoir à cette table, Ni reprendre ma place à l’orée de la mer ;   Celui qui cherchait là un langage accessible Au moindre brin d’éther, au plus léger embrun, S’est engagé, depuis, dans une longue errance, Séparé des trésors qui brillaient sous son front ;   Il a masqué ses yeux de frondaisons nocturnes Et ne sait plus très bien en quel lieu il se... [Lire la suite]
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06 mars 2017

Michel Manoll (1911 – 1984) : Service de nuit

  Service de nuit   Est-ce le facteur de l’éternité qui m’apportera des lettres de Louisfert Portant le cachet d’un hameau comme il en existe sûrement par-delà      la terre Les mots seront un peu brouillés pour avoir traversé le tohu-bohu      stellaire Mais dans les marges l’empreinte de tes doigts me donnera le signe      irréfutable Qu’il n’y a pas de faussaire dans l’invisible Et qu’il suffit d’une présence imperceptible Comme un brin de tabac... [Lire la suite]
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05 mars 2016

Michel Manoll (1911 -1984) : La flamme en nous qui sombre

  La flamme en nous qui sombre   Le temps qui m’appartient et me fut accordé Qu’en reste-t-il ? A peine sais-je qu’une vague Hissant son pavillon à la cime des eaux S’est perdue corps et biens, abandonnant au roc Sa cargaison de houle et sa proue hauturière.   Etait-ce donc un songe où le dormeur s’avance Errant et naufragé vers le rucher d’écueils Où bourdonne un essaim perfide et meurtrier Et, parvenu au seuil de l’horizon sans faille, S’abandonne à l’exil qui le cerne, et se tait ?   A... [Lire la suite]
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