13 novembre 2020

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le mal du temps

    Le mal du temps   Tous les soirs Parce que j’aime et je veux vivre Tous les soirs Parce que tant qu’on vit on vit d’espoir Et que je sais ce que vivre veut dire Tous les soirs Ce poids tu temps je le dépose à terre Comme un qui sait dormir Comme un qui peut mourir Mais qui ne veut le faire   Préface à l’Amour Edition des Cahiers du Sud, Marseille, 1953 Du même auteur : Le veilleur (14/11/2014) Saison dorée (14/11/2015) Nuit d’herbe (14/11/2016) La joie (14/11/2017) Le plus beau jour... [Lire la suite]
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14 novembre 2019

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Levée en masse

  Levée en masse   Ne serait-ce qu’une fois, si tu parlas de liberté, Tes lèvres, pour l’avoir connue, en ont gardé le goût du sel, Je t’en prie, Par tous les mots qui ont approché l’espoir et qui tressaillent, Soit celui qui marche sur la mer. Donne-nous l’orage de demain.   Les hommes meurent sans connaître la joie. Les pierres au gré des routes attendent la lévitation.   Si le bonheur n’est pas au monde nous partirons à sa rencontre. Nous avons pour l’apprivoiser les merveilleux manteaux de... [Lire la suite]
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14 novembre 2018

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le plus beau jour

Le plus beau jour     S’il pouvait faire un temps à mettre un chien dehors Si je pouvais avoir un cœur à fendre pierre Si l’amour devenait plus lâche que la mort Si nous étions des morts pour parler de la vie Si nous étions heureux pour ne plus rien nous dire Si nous étions vivants pour pouvoir nous aimer Si le monde n’était pas fait pour le refaire Si tu n’existais pas pour pouvoir t’inventer.     Préface à l’Amour Edition des Cahiers du Sud, Marseille, 1953 Du même auteur : Le veilleur... [Lire la suite]
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14 novembre 2017

Jean Malrieu (1915 - 1976) : La joie

      La joie   Avec au bord des lèvres la vie surprise au moment où j’allais dire ton nom Je m’avance, respire Tu es ma femme et je te connais depuis cent ans Tu es un château de feuilles   J’ai pris ta main au bout du soleil Et le soleil m’a dit une longue histoire de soleil Avec des radeaux sur la rivière Et la rivière m’a parlé de ton corps Et ton corps se termine par une main que j’ai rendue au soleil C’est toi Je suis fait d’ombre à tes côtés Je suis fait des silences que tu aimes ... [Lire la suite]
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14 novembre 2016

Jean Malrieu (1915 - 1976) : Nuit d’herbe

  Nuit d’herbe   Nuit d’herbe, nuit mise à nu, nuit d’ignorance, nuit de refus, Je gémis. La barque à l’ancre se soulève. Le dernier flot de la      marée accourt. Ne crains rien des douleurs de l’amour. Les oiseaux dorment.      Le vent ne sait où se poser. Il se repose. Et sans maître habité par la nuit, je suis aussi ce bateau-fou. Beau temps, n’est-ce pas, timonier ?   Beau temps de minuit, beau temps de l’amour. Les câbles et cabestans grincent. C’est... [Lire la suite]
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14 novembre 2015

Jean Malrieu (1915 -1976) : Saison dorée

    Saison dorée Si c’est l’automne maintenant C’est bien celui de notre vie, Saison dorée qui permet au fruit mûr de rester intact dans sa parure L’herbe à peine jaunit Et le vent messager Pousse du pied les feuilles sèches.   Gloire ! Dans l’air claquent des fouets. Les chevaux du temps se cabrent à ma porte Et , sur le pré, le poirier sauvage surchargé s’est incliné. Passez, automne ! Je sais des sentiers sur les hauteurs où l’on converse familièrement avec Dieu, Où les épeires des jardins... [Lire la suite]
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14 novembre 2014

Jean Malrieu (1915 – 1976) : Le veilleur

  Le veilleur   Le vent n’a pas assez traversé assez de pays Essoufflé d’oiseaux  émondé de branches La vague n’a pas assez roulé Il manque un grain de sable au désert Il manque un jour de plus à la terre Un peu de poids dans le nuage Encore une ravine au visage Encore une lettre à l’alphabet   A minuit Dans les rues désertes si le fantôme mendiant de la neige vient à passer Ne ferme pas ta porte. Même de lui l’espérance va renaître. Les rennes dessinés sur les rochers se rassembleront Et... [Lire la suite]
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