28 septembre 2019

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : « À la nue accablante tu... »

  À la nue accablante tu Basse de basalte et de laves À même les échos esclaves Par une trompe sans vertu   Quel sépulcral naufrage (tu Le sais, écume, mais y baves) Suprême une entre les épaves Abolit le mât dévêtu   Ou cela que furibond faute De quelque perdition haute Tout l’abîme vain éployé   Dans le si blanc cheveu qui traîne Avarement aura noyé Le flanc enfant d’une sirène     Du même auteur :  Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui… » (11/06/2014) Brise... [Lire la suite]
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28 septembre 2018

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Sainte

  Sainte   À la fenêtre recélant Le santal vieux qui se dédore De sa viole étincelant Jadis avec flûte ou mandore,   Est la Sainte pâle, étalant Le livre vieux qui se déplie Du Magnificat ruisselant Jadis selon vêpre et complie :   À ce vitrage d’ostensoir Que frôle une harpe par l’Ange Formée avec son vol du soir Pour la délicate phalange   Du doigt que, sans le vieux santal Ni le vieux livre, elle balance Sur le plumage instrumental, Musicienne du silence. 1865   ... [Lire la suite]
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28 septembre 2017

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : L’Azur

  L'azur     De l'éternel Azur la sereine ironie Accable, belle indolemment comme les fleurs, Le poète impuissant qui maudit son génie A travers un désert stérile de Douleurs. Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde Avec l'intensité d'un remords atterrant, Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?   Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones Avec de longs haillons de brume dans les cieux Que noiera le marais livide des automnes, ... [Lire la suite]
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11 juin 2016

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Le Tombeau d’Edgar Poe

  Le tombeau d'Edgar Poe     Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change, Le Poëte suscite avec un glaive nu Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange Donner un sens plus pur aux mots de la tribu, Proclamèrent très haut le sortilège bu Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange. Du sol et de la nue hostiles, ô grief ! Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief Dont la tombe de Poe éblouissante... [Lire la suite]
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11 juin 2015

Stéphane Mallarmé (1842 – 1898) : Brise marine

  Brise marine   La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l’ancre pour une exotique nature !   Un Ennui, désolé par les... [Lire la suite]
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11 juin 2014

Stéphane Mallarmé (1842 - 1898) : "le vierge, le vivace..."

    Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre Ce lac dur oublié que hante sous le givre Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui ! Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui Magnifique mais qui sans espoir se délivre Pour n'avoir pas chanté la région où vivre Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.   Tout son col secouera cette blanche agonie Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie, Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris. ... [Lire la suite]
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