22 octobre 2017

Valéry Larbaud (1881 – 1957) : Prologue

  Prologue     Borborygmes ! Borborygmes !... Grognements sourds de l'estomac et des entrailles, Plaintes de la chair sans cesse modifiée, Voix, chuchotements irrépressibles des organes, Voix, la seule voix humaine qui ne mente pas, Et qui persiste même quelque temps après la mort physiologique...   Amie, bien souvent nous nous sommes interrompus dans nos caresses Pour écouter cette chanson de nous-même ; Qu'elle en disait long, parfois, Tandis que nous nous efforcions de ne pas rire ! Cela... [Lire la suite]
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22 octobre 2016

Valéry Larbaud (1881 – 1957): Thalassa

  Thalassa   Couché sur le divan au fond de la cabine (Bercé comme une poupée aux bras d'une fillette folle Par le tangage et le roulis — gros temps), J'ai sur l'âme un cercle lumineux : le hublot, Comme une vitrine de boutique où l'on vendrait la mer; Et, à demi sommeillant, je rêve De construire, dans une forme inusitée encore, un poème A la gloire de la mer.   O Homère! O Virgile! O CorpusPoeticum Boréale! C'est dans vos pages Qu'il faut chercher les vérités éternelles De la mer, et ces... [Lire la suite]
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30 juillet 2015

Valéry Larbaud (1881 -1957) : Carpe diem…

  Carpe Diem   Cueille ce triste jour d’hiver sur la mer grise, D’un gris doux, la terre est bleue et le ciel bas Semble tout à la fois désespéré et tendre ; Et vois la salle de la petite auberge Si gaie et si bruyante en été, les dimanches, Et où nous sommes seuls aujourd’hui, venus De Naples, non pour voir Baïes et l’entrée des Enfers, Mais pour nous souvenir mélancoliquement.   Cueille ce triste jour d’hiver sur la mer grise, Mon amie, ô ma bonne amie, ma camarade ! Je crois qu’il est pareil... [Lire la suite]
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