04 mars 2019

Gil Jouanard (1937 -) : « Fibres... »

    Fibres. Le bois descend dans ses artères, lente voix s’effaçant dans l’épaisseur des terres. Les nervures de chaque mot, et son squelette, sous le mécanisme du souffle. Brun tiède, telle, l’odeur se dicte sous la saignée des arbres dont l’écorce ne masque plus le rêve. Dans les cavernes du néocortex résonne à petit feu l’ « en avant » des premières flammes. Le bois, demeure repliée sur le cri contenu. Et dans la montagne lentement s’enfonce la chair savante du silence.   Revue « Poésie... [Lire la suite]
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05 mars 2018

Gil Jouanard (1937-) : Al-Kimiya, II

    Kimiya II   A un certain moment l’heure pèse de tout son poids sur la couleur de la lumière, et l’or s’altère, le rouge s’attiédit, et l’espace se creuse pour laisser filtrer goutte à goutte comme l’écho lointain, à peine audible, d’un cri, comme, éclatant, les veines du silence.   C’est comme si la lumière se muait en plomb, pour sceller le secret dans l’épaisseur fugitive du souffle.   Ou comme si, encore la nuit se soulevait un peu au-dessus des brindilles et des graviers,... [Lire la suite]
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05 mars 2017

Gil Jouanard (1937- ) : « Sonnailles… »

  Sonnailles. Ce qui monte la rude pente de l’hiver. Buée, fossés raidis. La main au chaud garde l’énigme. Le clair des yeux se perd dans le brun délavé. Quelque sentier aussi, aperçu sur la gauche – ou bien cet homme, fruit de ses instruments. Le monde entier comme étiré au coeur du cristal de nos prédictions. Nous marchons à travers les niveaux mélangés du langage. Tout se résout dans le givre sonore du ciel. Sauf que parfois, d’un glissement de terrain, surgit, fossilisée, l’énigme. A quoi – de guttural, de bistre, ... [Lire la suite]
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05 mars 2016

Gil Jouanard (1937 - ) : « Le tourbillon des chants de la lisière… »

  Le tourbillon des chants de la lisière se rétrécit et s’affermit jusqu’au martèlement sec du pivert. Ce n’est plus là chant d’agrément, mais musique précise du travail de vivre   - ailleurs, dans la mémoire, par le vent peut-être poussée, une porte claque, suscitant une chaîne d’échos, et la maison grandit jusqu’à coller exactement aux limites du front, de la nuque et des tempes ;   mais là, c’est la respiration, c’est la demeure ouverte, c’est la fraîche chaleur, aînée de la mémoire –   *... [Lire la suite]
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05 mars 2015

Gil Jouanard (1937 – ) : « Au bout de chaque jour… »

        Au bout de chaque jour, une terrasse de silence, et le verre d’une eau semblable à la musique, cette source et ce crépuscule, soirée de pierres fraîches, et les mots comme du bon pain, circulant dans la voix des arbres. L’herbe du feu dans le fond du ciel ouvre un asile aux regards pensifs.        Il peut arriver aussi qu’au travers de frais éboulis apparaisse en lumière vive cette trace de ce qui fut un instant la forme de la vie et, plus loin, autre forme, plus simple,... [Lire la suite]
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