16 avril 2018

Peter Huchel (1903 -1981) : Origine / Herkunft

  Origine   Le vent des ombres m’a porté la maison le sait-elle ? Les poires dans le buffet répandent une odeur mûre de vieil été. Là où le fléau sifflait le blé volait en tas. Là où au bord du lit, la lampe s’éteignait les draps étaient étendus.   Comme je grimpais dans les sapins les cheveux enduits de résine toit et chambres résonnaient encore de l’année des hirondelles. Le carillon de la nuit souffle autour de la maison. Et par la porte froide sortent en silence les amis depuis longtemps... [Lire la suite]
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16 avril 2017

Peter Huchel (1903 – 1981) : « Sous la houe brillante de la lune… » / Unter der blanken Hacke des Monds… »

  SOUS LA HOUE BRILLANTE DE LA LUNE je mourrai, sans avoir appris l’alphabet de l’éclair.   Dans le filigrane de la nuit sans avoir déchiffré l’enfance des mythes.   Ignorant je dévale, jeté aux os des renards.   Traduit de l’allemand par Emmanuel Moses In, Peter Huchel : « La tristesse est inhabitable » Editions de La Différence (Orphée), 1990 Du même auteur : Exil (16/04/2015) Ferme Thomasset (16/04/2016) Origine / Herkunft (16/04/2018)       UNTER... [Lire la suite]
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16 avril 2016

Peter Huchel (1903 -1981) : Ferme Thomasset

  Ferme Thomasset   Au-dessus de la paille et du purin La lumière suintante de la lanterne. A l’anneau du mur, Cimentés par la lune, Le rude harnais des bœufs, La baguette de pin rouge, Le cuir au vireton meurtrier.   L’heure trouble, Encore avec la traite de cinq heures – La fleur desséchée du foin Frôle La tristesse des larges fronts.   Ouvre la porte. L’odeur de l’étable se mêle A l’odeur lactée des étoiles.   Sur les montagnes Le silence, Foulé par les pieds de l’aube. Et sur les... [Lire la suite]
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16 avril 2015

Peter Huchel (1903 – 1981) : Exil

Exil   Le soir, les amis s’ approchent, les ombres des collines. Ils passent lentement le seuil, assombrissent le sel, assombrissent le pain et conversent avec mon silence.   Dehors dans l’érable s’agite le vent : ma sœur, l’eau de pluie dans l’auge chaulée, prisonnière elle suit les nuages du regard.   Va avec le vent, disent les ombres. L’été pose la faux de fer sur ton cœur. Va-t-en, avant que dans la feuille d’érable ne brûle le stigmate de l’automne.   Sois fidèle, dit la... [Lire la suite]
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