04 avril 2021

Herberto Helder (1930 – 2015) : Lettre de la passion / A carta da paixão

Lettre de la passion     Cette main qui trace l’ardente mélancolie de l’âge est aussi celle qui serpente aux sources de la tête, qui ouverte à l’image du monde entre les deux tempes attise le cœur somptueux. La démence sillonne sa brûlure des recoins de noirceur où se forment les saisons jusqu’au faîte, dans les soies qui glissent avec la largeur fluviale de la lumière et son écume, ou de la nuit et ses nébuleuses et le silence tout blanc. Les doigts. La montagne marche sur le cœur qui s’illumine :... [Lire la suite]
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05 avril 2020

Herberto Helder (1930 -2015) : Elégie multiple (1,3)

    Elégie multiple   1 Ta noble tête, comment se déferait-elle en moi, cette tour éblouie par la chaleur muette des jours, l’éclat du gel nocturne ? C’est par la tête que les morts merveilleusement pèsent sur notre cœur. Ces fleurs intangibles auxquelles nous tremblons de sourire, les armes ciselées, le tressaillement des lyres fléchies sur les fleuves impétueux des choses. Seul l’amour les ouvre, dévoilant leurs géographie confuse et grave, les sources sauvages d’où foisonnent les pensées comme... [Lire la suite]
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05 avril 2019

Herberto Helder (1930 – 2015) : Source (2,3,6)

  Source  2 La pluie cingle en gouttes légères le sourire dément des mères. Cinglent sans fin leurs visages chéris, déments, les doigts jaunes des bougies. Qui oscillent. Qui sont pures. Gouttes et bougies pures. Et les mères s’approchent, soufflent sur les doigts froids. Leur corps s’anime sous l’action des os filiaux, de leurs tendons, leurs organes immergés, et les calmes mères intrinsèques s’assoient sur les têtes filiales. Elles restent assises dans ce long silence empressé, voyant tout, brûlant,... [Lire la suite]
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