01 mai 2019

René Char (1907 – 1988) : Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud

  Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud        Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Tes dix-huit ans réfractaires à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l’enfer des... [Lire la suite]
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02 mai 2018

René Char (1907 – 1988) : Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace

  Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace        Nous avançons sur l’étendue embrasée des forêts, comme l’étrave face aux lames, onde remontée des nuits, maintenant livrée à la solidarité de l’éclatement et de la destruction. Derrière cette cloison sauvage, au-delà de ce plafond, retraite d’un stentor réduit au silence et à la ferveur, se trouvait-il un ciel ?      Nous le vîmes à l’instant que le village nous apparut, bâtisse d’aurore et de soir nonchalant, nef à l’ancre... [Lire la suite]
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02 mai 2017

René Char (1907 – 1988) : Se rencontrer. Paysage avec Joseph Sima

  Se rencontrer. Paysage avec Joseph Sima        La lune d’avril est rose ; la nuit circonspecte hésite à guérir la plaie du jour. C’est l’heure où la falaise reçoit parole de la Sorgue. Le fracas des eaux cesse. Mais la parole qui descendra de la falaise ne sera qu’une rumeur, un pépiement. L’homme d’ici est à déséclairer. Ceux qui inspirent une tendre compassion au regard qui les dessine portent en eux une œuvre qu’ils ne sont pas pressés de délivrer.       ... [Lire la suite]
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02 mai 2016

René Char (1907 -1988) : « La contre-terreur c’est ce vallon… »

             La contre-terreur c’est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c’est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c’est cette pesanteur bien répartie, c’est cette circulation ouatée d’animaux et d’insectes tirant mille traits sur l’écorce tendre de la nuit, c’est cette graine de luzerne sur la fossette d’un visage caressé, c’est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c’est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont... [Lire la suite]
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02 mai 2015

René Char (1907 – 1988) : « J’ai ce matin, suivi des yeux Florence …»

             J’ai ce matin,  suivi des yeux Florence qui retournait au Moulin du Calavon. Le sentier volait autour d’elle : un parterre de souris se chamaillant ! Le dos chaste et les longues jambes n’arrivaient pas à se rapetisser dans mon regard. La gorge de jujube s’attardait au bord de mes dents. Jusque ce que la verdure, à un tournant, me la dérobât, je repassai, m’émouvant à chaque note, son admirable corps musicien, inconnu du mien     Feuillets d’Hypnos,... [Lire la suite]
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07 mai 2014

René Char(1907-1988) : Congé au vent

  Congé au vent À flancs de coteau du village bivouaquent des champs fournis de mimosas. À l’époque de la cueillette, il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre extrêmement odorante d’une fille dont les bras se sont occupés durant la journée aux fragiles branches. Pareille à une lampe dont l’auréole de clarté serait le parfum, elle s’en va, le dos au soleil couchant. Il serait sacrilège de lui adresser la parole. L’espadrille foulant l’herbe, cédez-lui le pas du chemin. Peut-être aurez-vous... [Lire la suite]
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