14 octobre 2023

André Chénier (1762 – 1794) : La jeune captive

Peinture à l'huile anonyme du XVIIIe siècle. (Musée Carnavalet, Paris.)   La jeune captive   « L'épi naissant mûrit de la faux respecté ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l'été      Boit les doux présents de l'aurore ; Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui, Quoique l'heure présente ait de trouble et d'ennui,      Je ne veux point mourir encore.   Qu'un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort, Moi je pleure et j'espère ; au noir souffle du nord ... [Lire la suite]
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21 mars 2022

André Chénier (1762 – 1794) : « Aujourd'hui qu'au tombeau... »

  Elégie XXV Aux frères de Pange   Aujourd'hui qu'au tombeau je suis prêt à descendre, Mes amis, dans vos mains je dépose ma cendre. Je ne veux point, couvert d'un funèbre linceul, Que les pontifes saints autour de mon cercueil, Appelés aux accents de l'airain lent et sombre, De leur chant lamentable accompagnent mon ombre, Et sous des murs sacrés aillent ensevelir Ma vie, et ma dépouille, et tout mon souvenir. Eh ! qui peut sans horreur à ses heures dernières Se voir au loin périr dans des mémoires chères ? ... [Lire la suite]
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21 mars 2021

André Chénier (1762 – 1794) : « Salut, ô belle nuit... »

  Salut, ô belle nuit, étincelante et sombre, Consacrée au repos. Ô silence de l’ombre, Qui n’entends que la voix de mes vers, et les cris De la rive aréneuse où se brise Téthys. Muse, muse nocturne, apporte-moi ma lyre. Comme un fier météore, en ton brûlant délire, Lance-toi dans l’espace ; et, pour franchir les airs, Prends les ailes des vents, les ailes des éclairs, Les bonds de la comète aux longs cheveux de flamme. Mes vers impatients, élancés de mon âme, Veulent parler aux dieux, et volent où reluit ... [Lire la suite]
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21 mars 2020

André Chénier (1762 – 1794) : A Abel

Attribué à Robert Hubert, Musée Carnavalet, Paris   A Abel   Abel, doux confident de mes jeunes mystères, Vois, mai nous a rendu nos courses solitaires. Viens à l'ombre écouter mes nouvelles amours ; Viens. Tout aime au printemps, et moi j'aime toujours. Tant que du sombre hiver dura le froid empire, Tu sais si l'aquilon s'unit avec ma lyre. Ma Muse aux durs glaçons ne livre point ses pas ; Délicate, elle tremble à l'aspect des frimas, Et près d'un pur foyer, cachée en sa retraite, Entend les vents mugir, et sa... [Lire la suite]
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03 novembre 2017

André Chénier (1762 – 1794) : Le Jeu de Paume

  Le Jeu de paume A Louis David, peintre XVII. Peuple ! ne croyons pas que tout nous soit permis.             Craignez vos courtisans avides, Ô peuple souverain ! À votre oreille admis Cent orateurs bourreaux se nomment vos amis.             Ils soufflent des feux homicides. Aux pieds de notre orgueil prostituant les droits,            ... [Lire la suite]
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03 novembre 2016

André Chénier (1762 – 1794) : Néère

  Néère   Mais telle qu'à sa mort, pour la dernière fois, Un beau cygne soupire, et de sa douce voix, De sa voix qui bientôt lui doit être ravie, Chante, avant de partir, ses adieux à la vie : Ainsi, les yeux remplis de langueur et de mort, Pâle, elle ouvrit sa bouche en un dernier effort : " Ô vous, du Sébéthus Naïades vagabondes, Coupez sur mon tombeau vos chevelures blondes. Adieu, mon Clinias ! moi, celle qui te plus, Moi, celle qui t'aimai, que tu ne verras plus. Ô cieux, ô terre, ô mer, prés,... [Lire la suite]
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03 novembre 2015

André Chénier (1762 – 1794) : La jeune Tarentine

  La jeune Tarentine     Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,  Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !  Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !  Un vaisseau la portait aux bords de Camarine.   Là l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement, Devaient la reconduire au seuil de son amant. Une clef vigilante a, pour cette journée, Dans le cèdre enfermé sa robe d'hyménée, Et l'or dont au festin ses bras seraient parés, Et pour ses blonds cheveux les... [Lire la suite]
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03 septembre 2014

André Chénier (1762 – 1794) : Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre

Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre Animent la fin d'un beau jour Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.  Peut-être est-ce bientôt mon tour.  Peut-être avant que l'heure en cercle promenée  Ait posé sur l'émail brillant, Dans les soixante pas où sa route est bornée,  Son pied sonore et vigilant. Le sommeil du tombeau pressera ma paupière. Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,  Peut-être en ces murs effrayés Le messager de... [Lire la suite]
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