01 décembre 2017

Paul Celan (1920 – 1970) : Le Menhir

  Le Menhir   Gris de pierre qui grandit là.   Silhouette grise, toi qui n’as pas d’yeux, regard de pierre, avec lequel la terre devant nous a surgi, humaine, sur des chemins de bruyère obscure, ou blanche, le soir, face a toi, gouffre du ciel.   Du concubiné, brouetté jusqu’ici, s’abîmait par-delà le dos du cœur. Moulin de mer moulait.   Claire ailée tu pendais tôt matin entre pierre et genêt, petite phalène.   Noires, couleur de phylactère (*), ainsi étiez-vous, gousses, vous ... [Lire la suite]
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01 décembre 2016

Paul Celan (1920 – 1970 ) : Matière de Bretagne

  Matière de Bretagne   Lumière des genêts, jaune, les pentes bavent du pus vers le ciel, l’épine courtise la blessure, des cloches y sonnent, c’est le soir, le néant roule ses mers pour la prière, la voile sang met cap sur toi.   Sec, asséché derrière toi le lit, envahie de roseaux, son heure, là-haut, près de l’étoile, les rigoles laiteuses de l’estran bavardent dans la vase, la datte de pierre dessous, en touffe, bée dans la bleuité, un bouquet pérennant de mortalité, beau, salue ta mémoire. ... [Lire la suite]
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01 décembre 2015

Paul Celan (1920 -1970): Strette / Engfürhrung

  Strette   * Dé-placé dans le territoire à la trace non-trompeuse :   herbe écriture désarticulée. Les pierres, blanches, avec les ombres des brins : Ne lis plus - regarde ! Ne regarde plus – va !   Va ton heure n’a pas de sœurs, tu es – tu es chez toi. Une roue, lente, roule d’elle-même, les rayons grimpent grimpent dans un champ presque noir, la nuit n’a pas besoin d’étoiles, nulle part il n’y a souci de toi. * ... [Lire la suite]
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01 décembre 2014

Paul Celan (1920 -1970) : Fugue de mort / Todesfuge

  Fugue de mort     Lait noir de l’aube nous le buvons le soir nous le buvons midi et matin nous le buvons la nuit nous buvons nous buvons nous creusons une tombe dans les airs on n’y est pas couché à l’étroit Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit il écrit quand vient le sombre crépuscule en Allemagne tes cheveux d’or Margarete il écrit cela et va à sa porte et les étoiles fulminent il siffle ses dogues il siffle pour appeler ses Juifs et fait creuser une tombe dans la terre il... [Lire la suite]
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