18 janvier 2019

René-Guy Cadou (1920 – 1951) : L’inutile aurore

  L’inutile aurore   Tout est vain La fenêtre et l’aurore me restent dans la main Les fleuves se disloquent Sur le seuil C’est la mer qui défroisse ses loques Ici La bouche fait lentement son sillon Et l’heure est suspendue aux lèvres du grillon Des larmes Les dernières Mais les brusques tournants de la lumière Les algues déroulées sur le front du couchant La poitrine de l’homme qui tremble au bord du champ Le cœur pris dans la roue Le hurlement des herses Et la douleur qui suit le chemin de traverse Ah... [Lire la suite]
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18 janvier 2018

René-Guy Cadou (1920 – 1951) : Celui qui par hasard

  Celui qui entre par hasard   Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui Que chaque nœud du bois renferme davantage De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt Il suffit qu'une lampe pose son cou de femme À la tombée du soir contre un angle verni Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris Car tel est le bonheur de cette solitude Qu'une caresse toute plate de la main Redonne à ces grands meubles... [Lire la suite]
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18 janvier 2017

René Guy Cadou (1920 – 1951) : Hélène

  Hélène   Je t’atteindrai Hélène A travers les prairies A travers les matins de gel et de lumière Sous la peau des vergers Dans la cage de pierre Où ton épaule fait son nid     Tu es de tous les jours L’inquiète la dormante. Sur mes yeux Tes deux mains sont des barques errantes A ce front transparent On reconnaît l’été Et lorsqu’il me suffit de savoir ton passé Les herbes les gibiers les fleuves me répondent     Sans t’avoir jamais vue Je t’appelais déjà Chaque feuille en tombant... [Lire la suite]
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18 janvier 2016

René-Guy Cadou (1920 – 1951) : « J'ai toujours habité … »

  J'ai toujours habité   J'ai toujours habité de grandes maisons tristes Appuyées à la nuit comme un haut vaisselier Des gens s'y reposaient au hasard des voyages Et moi je m'arrêtais tremblant dans l'escalier Hésitant à chercher dans leurs maigres bagages Peut-être le secret de mon identité Je préférais laisser planer sur moi comme une eau froide Le doute d'être un homme. Je m'aimais Dans la splendeur imaginée d'un végétal D'essence blonde avec des boucles de soleil Ma vie ne commençait qu'au-delà de... [Lire la suite]
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18 janvier 2015

René-Guy Cadou (1920 -1951) : « Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires… »

    Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires  Dans les années de sécheresse quand le blé Ne monte pas plus haut qu'une oreille dans l'herbe  Qui écoute apeurée la grande voix du temps Je t'attendais et tous les quais toutes les routes  Ont retenti du pas brûlant qui s'en allait  Vers toi que je portais déjà sur mes épaules  Comme une douce pluie qui ne sèche jamais Tu ne remuais encor que par quelques paupières  Quelques pattes d'oiseaux dans les vitres gelées  ... [Lire la suite]
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18 janvier 2014

René - Guy Cadou (1920 - 1951) : "La nuit! la nuit surtout..."

La nuit ! La nuit surtout je ne rêve pas je vois  J'entends je marche au bord du trou J'entends gronder Ce sont les pierres qui se détachent des années La nuit nul ne prend garde C'est tout un pan de l'avenir qui se lézarde Et rien ne vivra plus en moi Comme un moulin qui tourne à vide L'éternité De grandes belles filles qui ne sont pas nées Se donneront pour rien dans les bois Des hommes que je ne connaîtrai jamais Battront les cartes sous la lampe un soir de gel Qu'est-ce que j'aurai gagné à être éternel?  ... [Lire la suite]
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