10 juillet 2018

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Tandis que j’ajuste mon âge au temps

  Tandis que j’ajuste mon âge au temps   Combien de fois, en fin de journée, perdant pied dans les eaux entassées de mon âge, j’ai vu brûler, gémir la charge de ma vie qui tenait au seul fil précaire et tremblant d’une chose qui encore s’impose à mon cœur, nom arraché à coups de mémoire,  pour que jamais je ne puisse dire ce n’est pas vrai j’attends encore, je suis destiné à attendre encore et toujours tandis que j’ajuste mon âge au temps, pour ainsi me récupérer de la vie que je destitue jour après... [Lire la suite]
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10 juillet 2017

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Un livre, un verre, rien. / Un libro, un vaso, nada

  Un livre, un verre, rien   Chaque nuit je laisse ma solitude dans les livres, j’ouvre la porte aux oracles, je brûle mon âme au feu du psalmiste.                           Ô cette volonté   de danger contrarié qui m’éveille et rompt l’éclatante soif de vivre de ma parole   Chaque nuit je vis inutilement la frustration du jour, je récupère les heures mortes de ma liberté,... [Lire la suite]
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10 juillet 2016

José Manuel Caballero Bonald (1926 - ) : Ma prophétie, c’est ma mémoire / Mi propia profecía es mi memoria

  Ma prophétie, c’est ma mémoire   Je reviens dans la chambre où je suis seul chaque nuit, entrepôt des jours qui ont sombré dans leur miroir irréparable. Là, parmi les témoignages ligotés, ma vie gît, immobile, avec ses papiers au destin instable.                                 Le bois, le tremblé de la lampe, le cristal visionnaire, les fragiles ... [Lire la suite]
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21 juillet 2015

José Manuel Caballero Bonald (1926 - ) : Verset de la genèse / Versículos del génesis

  Versets de la genèse   Par les fenêtres, par les trous de serrure et les racines, par les orifices et les fentes, par les dessous de porte, la nuit entre.   La nuit entre comme un crime dans les brisants de la vie, elle parcourt salles d’hôpitaux, chambres de bordel, églises, alcôves, cellules, cahutes, et aux commissures des lèvres la nuit entre aussi.   La nuit entre comme une masse de mer vide et de caverne, elle se répand sur les bords de l’alcool et de l’insomnie, elle mord les mains... [Lire la suite]
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