30 novembre 2021

Reizl Zychlinski / Rajzla Żychlińska (1910 – 2001) : Avril

  Avril   Avril La jeune verdure Ne sait pas encore Ce qu’elle désire Comment fleurir Rouge Blanche S’envoler peut-être ? Elle s’éprend, la nuit, De chaque étoile Et le matin La trouve roide, Gelée. Avril.   Traduit du yiddish par Charles Dobzynski In, « Anthologie de la poésie yiddish. Le miroir d’un peuple » Editions Gallimard (Poésie), 2000
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18 août 2021

Kadia Molodowski (1894 – 1975) / קאַדיע מאָלאָדאָװסק : Dans la forêt

  Dans la forêt   En haut sont proches les couronnes, Les troncs – chacun pour soi – sont éblouis. En haut s’enlacent les couronnes : Sous terre d’aveugles racines luttent pour la sève et la pluie.   En haut, baignées de soleil les couronnes ; L’ombre sur les troncs tombe et disparaît. En haut l’oiseau chante dans les couronnes : Sous terre des doigts aveugles creusent la forêt.   En haut avec le vent jouent les couronnes, Les troncs brisent le grondement. En haut avec le ciel... [Lire la suite]
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06 août 2021

Avrom Sutzkever (1913 – 2010) / אַבֿרהם סוצקעווער : Automne tsigane

  Automne tsigane   Sur ses sabots d’or galope l’automne et bat son tambour, Et palpe le vent, doigts ensanglantés, la plaine alentour, Chante à travers champs sa vieille balade – elle est ivre morte.   Tsiganes blottis, pareils aux moutons serrés en cohorte, Devant le brasier du couchant qui souffle un vol d’étincelles, Echoppe-tristesse où sanglote un cœur et sa mort ruisselle.   Un tsigane âgé portant des anneaux d’argent aux oreilles, D’un coup de couteau sa tristesse fend, si grise et si vieille,... [Lire la suite]
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18 août 2020

Kadia Molodowski (1894 – 1975) / קאַדיע מאָלאָדאָװסק : Une prière

   Une prière   Je me réveille à l’aube et ma prière Est un poison amer. J’appelle le déluge une nouvelle fois A projeter plus haut que les tours et les toits Tous les flots de la mer, Que ne puise voguer nulle arche secourable.   O ! comme il sera bon le frôlement glacé De la mort. Peut-être éteindra -t-il la souffrance amassée Dans nos corps, Les décombres du cœur, la honte de mâcher Le pain, au bord Des cendres par monceaux de nos frères et sœurs.   O ! comme il sera bon de... [Lire la suite]
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07 août 2020

Avrom Sutzkever (1913 – 2010) / אַבֿרהם סוצקעווער : Prière à soi-même

Prière à soi-même   A moi-même ainsi qu’à un étranger je colle mon oreille, Et mes yeux débordants de visions chantantes, Je me ramifie dans tes profondeurs comme les veines dans le marbre : Par qui tous tes secrets furent-ils ensevelis ? Pour qui la musique de tes secrets non révélés ? Musique de mains et de lèvres. Sons-symboles dans les ténèbres. Musique de pluie, d’arc-en-ciel. Plus loin, plus loin, plus loin...   Tu es ruche que le feu cerne et je ne puis m’en approcher. Tu me nourris du... [Lire la suite]
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25 mars 2020

Chaïm-Nahman Bialik (1873 – 1934) / חיים נחמן ביאליק : La ville du massacre

  La ville du massacre   Dans le fer, dans l’acier, glacé, dur et muet, Forge un cœur et qu’il soit le tien, homme, et viens ! Viens dans la ville du massacre, il te faut voir Avec tes yeux, éprouver de tes propres mains Sur les grillages, les piquets, les portes et les murs, Sur le pavé des rues, sur la pierre et le bois, L’empreinte brune et desséchée du sang, de la cervelle, Empreinte de tes frères, de leurs têtes, de leurs gorges. Il te faut t’égarer au milieu des décombres, Parmi les murs béants,... [Lire la suite]
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19 août 2019

Kadia Molodowski (1894 – 1975) / קאַדיע מאָלאָדאָװסק : Dieu de miséricorde

  Dieu de miséricorde   Dieu de miséricorde, Choisis un autre peuple Elu. Nous sommes las de mourir, d’être morts Et nous n’avons plus de prières, Choisis un autre peuple Elu. Nous n’avons plus assez de sang Pour être des victimes. Notre demeure est devenue un désert Et la terre pour nous est avare de tombes, Plus de Livre pour nous des Lamentations Plus de complaintes Dans les vieux livres saints.   Dieu de miséricorde, Sanctifie un autre pays, Un autre mont. Nous avons dispersé notre cendre... [Lire la suite]
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16 août 2019

Avrom Sutzkever (1913 – 2010) / אַבֿרהם סוצקעווער : Les gazelles de Yamsuf

    Les gazelles de Yamsuf   S’obstine le soleil couchant, astre tenace, Demeurer à Yamsuf, quand surgissent le soir Vers le palais des eaux les gazelles, de grâce Et de rose innocent, pour apaiser leur soif.   De leurs ombres de soie se défont sur la rive Et lèchent à Yamsuf des anneaux de fraîcheur. Longs visages de violons. Il leur arrive D’épouser le silence en noces de douceur.   A la fin elles fuient. Des taches roses sèchent Dans le sable, un regret qui survit au reflux Suit les... [Lire la suite]
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14 avril 2019

Itzhac / Isaac Katzenelson (1886 – 1944) / יצחק קאַצ(ע)נעלסאָן : « Ô douleurs... »

  Ô douleurs, ô vous, mes douleurs, il fait bon pour vous, juifs, ah comme il fait      bon ! Il fait bon pour vous, délaissés, pour vous déjetés comme limon sur l’autre rive      de la mer, et vous ne savez même pas, ah ! que si mes douleurs ouvraient la bouche elles pourraient empoisonner votre vie et la plonger dans les ténèbres.   Douleurs, vous grandissez en moi, vous poussez haut, vous croissez, vous      vous installez, mais pourquoi... [Lire la suite]
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16 août 2018

Avrom Sutzkever (1913 – 2010) / אַבֿרהם סוצקעווער : Pelisse de feu

  Pelisse de feu   Les prés – de blanc éblouissant métal. Les arbres – tous fondus dans le moule rocheux. Ne sait où tomber la neige en pétales, Le soleil vêt sa pelisse de feu. L’artiste gel, comme une vitre, De son pinceau de diamant sur mon front Peint légendes de neige aux couleurs vives, Sa signature est un vol de pigeon. S’éteint en moi le soleil qui brûlait. On ne voit plus, de feu, que sa pelisse Sur une longue branche. Et moi – muet, Veux m’en vêtir avant qu’il ne s’éclipse.     Traduit... [Lire la suite]
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