10 mars 2019

Albert Kaufmann(1952 -) : Consilium abeundi

  Consilium abeundi   Faire claquer la porte hors saison et hardiment sortir dans le vide soutenu par l’illusion que tout humble effort est vanité, devenir échauffeur de bile et tourner de sang.   Faire claquer la porte hors saison, choisir seul la manière et la date sans prétendre à une notice dans le livre des records.   Faire claquer la porte hors saison et suivre son chemin fût-ce vers le trou du cul, mais son chemin bon dieu, le sien !   Faire claquer la porte hors saison, ... [Lire la suite]
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14 octobre 2018

Jan Zahradníček (1905 -1960) : Autrefois

  Autrefois   Autrefois où si passionnément nous jetions les mots ces dés excités impatients de savoir comment le poème allait finir chaque fois on ne sait quelle gloire se dévoila pour nous un pan du réel et nous entrevîmes le futur guerroyant   Mais en somme personne n’en tenait pas plus compte que d’un rêve confus vers l’aube ou d’un tonnerre lointain Les maisons demeuraient debout et les gens se promenaient Du lundi au samedi le temps tant bien que mal passait toujours Il y avait toujours des... [Lire la suite]
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29 août 2018

Jiří Šotola (1924 – 1989) : Comment chasser le bonheur. II

  Comment chasser le bonheur II   On oublie les noms on oublie le doux parfum d’un bébé de six mois, on marche en rond, en rond, on cherche quelque chose qui n’est guère, qui pourrait, devrait être, qui à l’évidence ne peut pas ne pas être, une boule pointue, un mouvement perpétuel, un marbre irrigué de sang, on ne pense en fait à rien d’autre, on marche jusqu’à l’épuisement, ensuite avec varices, avec asthme, puis couché sous une couverture d’hôpital, on marche, on marche et on marche.   Traduit du... [Lire la suite]
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23 juillet 2018

Frantisek Hrubin (1910 – 1971) : Romance pour un clairon

  Romance pour un clairon                                                                          Nuit du 28 août   Forêts vierges d’orties fouettées par les étoiles à la... [Lire la suite]
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06 juillet 2018

Jan Vladislav (1923 – 2009) : Soliloques

    Soliloques   1 Où les emportes-tu, train, destin, au panache de fumée sous le firmament noir et au-dessus de moi ?   Où portes-tu la tête penchée à la fenêtre comme si elle attendait le couperet de ta guillotine ?   Où portes-tu ces bras levés, rajustant la chevelure blonde que fixe de son coin un homme chapeauté paré du rubis de sa cigarette ?   Où portes-tu ces valises posées sur les lattes écaillées des bancs quand au-dessus de moi qui me tiens dans la... [Lire la suite]
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23 mars 2018

Bohuslav Reynek (1892 – 1971) : Les pieux

  Les pieux   Pieux orphelins d’une clôture, cordes clouées, muettes, vous savez la solitude. Ignorez les ailes.   Tiges sans nostalgie pour l’épi de l’exaucement dont vous êtes privées. Sans face, sans étonnement. Eteules terrifiées.   D’années maigres membres décharnés, enclos dans l’attente. Nœuds dans les paumes. Talons pris dans la terre. De genoux, point.   Traduit du tchèque par Petr Král in,"Anthologie de la poésie tchèque contemporaine, 1945 - 2000" Editions Gallimard, (Poésie),... [Lire la suite]
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14 octobre 2017

Jan Zahradníček (1905 – 1960) : Lettre à ma femme

  Lettre à ma femme   Tu parles et te souviens. Tu ignores où je suis, et n’imagine pas que je suis assis ici, les mains vides, hôte d’une sournoiserie hostile, pour qui le soleil est devenu une rareté et qui, tel Dante dans son enfer, ne verra pas de sitôt d’étoiles, ni la lune, le vent dans les arbres, pas plus que ton sourire chargé d’été.   Tu ignores où je suis, alors que moi, si près, j’entendrais pour un peu comme tu passes en silence devant les objets chers et familiers pour ne pas réveiller les... [Lire la suite]
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06 juillet 2017

Jan Vladislav (1923 – 2009) : Suite d’automne

    Suite d’Automne A la mémoire de Frantisek  Halas   1 Dans la couronne de terre sommeille ce qui jadis, avide, buvait le monde. Ce qui jadis était une tête vivante, croquant à belles dents la fleur vivante d’amour et de mort alliés, toujours liés dans la chair. Et nous nous illusionnons qu’aujourd’hui vous savez pour que ne nous effraie votre rêve.   2 Il est trop long. On n’entend même plus de lourd gémissements nocturnes. On ne verra pas la terre s’ouvrir dans un gloria de cloches... [Lire la suite]
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23 mars 2017

Bohuslav Reynek (1892 – 1971) : Souvenir de la solitude

    Souvenir de la solitude     Solitude des vitres. Solitude de la porte. Porte dans le noir. Vitre où baisse le jour. Porte pour accueillir le front. L’ombre bruit dans un buisson.   Vivre dans l’angle. Ailleurs un simple mur. Le mur suinte. Au plafond il arrache une plainte. Fatigue de la bouche sous le pas des soupirs.   Solitude du plafond. Couvercle esseulé. Esseulée solitude. Quelqu’un éclate en sanglots.   Solitude de l’hiver. Gel. Des griffes blanches écorchent la vitre.... [Lire la suite]
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14 octobre 2016

František Halas (1901 – 1949) : Toute d’Automne

  Toute d’Automne   Sa robe était d’automne et d’automne ses cheveux d’automne ses yeux   Sa bouche était d’automne et d’automne ses seins d’automne ses songes   Sa vie était d’automne et d’automne son giron d’automne son sourire   Son goût était d’automne et d’automne sa tendresse d’automne son angoisse   Toute d’automne elle était Tel un poème de la Toussaint   Traduit du tchèque par Petr Král In, « Anthologie de la poésie tchèque contemporaine 1945 - 2000 » ... [Lire la suite]
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