15 novembre 2019

Mikhaïl Iourievitch Lermontov / Михаил Юрьевич Лермонтов (1814 - 1841) : « Adieu, Russie, patrie pouilleuse ...» / « Прощай, нем

  Adieu, Russie, patrie pouilleuse, Pays des maîtres et des serfs, Des policiers à tête creuse Et du bon peuple qui les sert.   Au Caucase où le sort m’emporte Echapperai-je à tes pachas, A l’œil qui voit malgré les portes, A l’oreilles qui sait déjà ? 1841     Traduit du russe par André Markowicz In, « Le Soleil d’Alexandre, le cercle de Pouchkine, 1802-1941 »  Editions Actes Sud,2011 Du même auteur : « De ma geôle ouvrez-moi la grille… » (15/11/2015) La... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 02:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

13 octobre 2019

Wilhelm Karlovitch Küchelbecker / Вильге́льм Ка́рлович Кюхельбе́кер (1797 – 1846) : La nuit

  La nuit   L’ombre sur moi du soleil s’étendait ; la lune était blanche ;           Je dormais lourdement. – Nés des souffrances du jour, Des fantômes tournaient près de moi, la tête dodelinante,           Foule morte, agitée. Doigt sur les lèvres, longtemps, Ils me fixèrent, les yeux creusés ; - Longtemps leur murmure           Me pénétra ; la lune illuminait... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
26 septembre 2019

Ossip Emilievitch Mandelstam / О́сип Эми́льевич (1892 – 1938) : « Pour la gloire à venir ... » / « За гремучую доблесть грядущих

  Pour la gloire à venir, la gloire héréditaire,           La haute lignée des humains, J’aurai perdu ma coupe à la table des pères,           La gaieté, l’honneur, tout enfin ...   Le siècle, loup-cervier, bondit sur mes épaules ... Ô siècle, je ne suis point loup et je t’en prie, Comme on fourre un bonnet dans une manche molle, Mets-moi sous ta pelisse au chaud en Sibérie.   Cache à mes yeux la boue aux lâchetés... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
04 juillet 2019

Anna Akhmatova / Анна Ахматова (1889 – 1966) : Premier avertissement / Первое предупреждение

  Premier avertissement   Que nous importe, en vérité, Que tout se transforme en poussière, Sur combien d’abîmes j’ai chanté, Dans combien de miroirs j’ai vécu ? Ce n’est pas un rêve, soit, ni un réconfort, C’est tout sauf un bienfait du ciel, Il se peut que tu sois obligé De te rappeler plus qu’il n’est nécessaire. Le grondement des poèmes qui se taisent, L’œil qui se cache dans les profondeurs, Cette couronne de barbelés rouillés Au milieu d’un silence inquiet. 6 juillet 1963   Traduit du russe... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
29 avril 2019

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 -1996) : « Le grand Hector gît... / « Великий Гектор стрелами убит... »

  Sonnet   Le grand Hector gît, percé de flèches, son âme flotte sur les eaux noires, les buissons gémissent, les nuages se meurent et là-bas, dans le silence, Andromaque pleure.   Ajax traverse le crépuscule triste, les genoux ployés dans le ruisseau transparent, et la  vie s’envole de ses yeux ouverts à la poursuite d’Hector, le flot bat sa poitrine, l’obscurité trouble son regard sans fond à travers les vagues et les buissons, l’eau étreint ses hanches, sa lourde épée tourbillonne dans le... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 avril 2019

Vladimir Vladimirovitch Maïakovski / Владимир Владимирович Маяковский (1894 – 1930) : La flûte des vertèbres / Флейта-позвоночни

  La flûte des vertèbres   PROLOGUE   A vous toutes, que l’on aima et que l’on aime, icône à l’abri dans la grotte de l’âme, comme une coupe de vin à la table d’un festin, je lève mon crâne rempli de poèmes.   Souvent je me dis – et si je mettais le point d’une balle à ma propre fin. Aujourd’hui, à tout hasard, je donne mon concert d’adieu. Mémoire ! Rassemble dans la salle du cerveau, les rangs innombrables des bien-aimées. Verse le rire d’yeux en yeux. Que de noces passées la nuit se... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

18 mars 2019

Vassili Joukovski / Василий Андреевич Жуковский (1783 – 1852) : A K.M.S.

  A K.M. S. (*)   De nos plaisirs passés nous avons vu la fin, Mais pour le cœur en deuil, le deuil même est un baume. Quoi ? Tout n’est donc qu’un rêve et nos pleurs seraient vains ? Et notre pauvre vie ne serait qu’un fantôme ? Qu’un chemin tortueux pour mener au néant ? Non, c’est le désespoir qui n’est qu’errance vaine. Je sais un havre sûr, une rive sereine Où tout notre passé nous adviendra vivant ; Cette invisible Main qui protège nos têtes Par des chemins divers dans une seule... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 mars 2019

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine / Александр Сергеевич Пушкин (1799 - 1837) : « Tout mais ne pas devenir fou ... »

  Tout mais ne pas devenir fou. Plutôt errer, plutôt les loups,             Les coups, la faim, le froid ; Non que je tienne à ma raison : Oh, quelle joie, quel abandon             Si j’oubliais son poids !   Fou, si l’on pouvait me laisser Libre, on me verrait m’élancer             Au fond des bois obscurs, Chantant dans un délire en... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 23:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 janvier 2019

Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov / Николай Алексеевич Некрасов (1821 - 1877) : « La coupe est pleine... »

  La coupe est pleine à déborder Nous étouffons sans liberté, Sans joie… La nuit n’a pas de fin… Ah ! Que l’orage éclate enfin !   Qu’il soulève les mers profondes ! Sur les champs, qu’il siffle, qu’il gronde ! Et cette coupe trop amère, Ah ! qu’il la vide tout entière !   1868   Du même auteur :  « Peux-tu nommer, ô ma terre natale » (06/01/2017) « Est-ce le vent au fond des bois ? …»  (05/01/2018)
Posté par bernard22 à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
15 novembre 2018

Mikhaïl Iourievitch Lermontov / Михаил Юрьевич Лермонтов (1814 – 1841) : Monologue / Монолог

Monologue   Non, crois-moi, n’être rien est un bien en ce monde : A quoi bon le savoir, le désir de la gloire, Le talent ou l’ardent amour de vivre libre Si nous ne pouvons pas en faire usage ? Enfants du Nord, Comme le font nos plantes, A peine en fleur, nous nous sentons faner... Soleil d’hiver dans un ciel de grisaille, C’est notre morne vie. Un cours si monotone si fugace... Et l’on se sent comme étouffer chez nous, Le cœur est triste, l’âme se morfond... Sans vivre ni amour ni amitié En vain orages... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :