08 octobre 2015

Odyssèas Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Six plus un remords pour le ciel

  A Gina Politis   L’ignorant et la belle   Souvent, dans le Sommeil Vespéral, son âme prenait en face des      montagnes une légèreté, malgré le jour pesant et le lendemain      obscur. Mais, quand la nuit tombait et que la main du prêtre apparaissait      au-dessus du jardinet des morts, Elle Seule, Droite, avec les quelques familiers de la nuit - le souffle du      romarin et la braise de fumée hors des foyers – à l’entrée de... [Lire la suite]
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17 septembre 2015

Yòrgos Sefèris / Γιώργος Σεφέρης (1900 -1971) : Hélène

  Hélène   Qu’est-ce Platrès ? Et qui connaît cette île ? J’ai passé ma vie à entendre des noms inconnus : Pays nouveaux, nouvelles folies des dieux Ou des hommes ;                            mon destin qui ondoie Entre l’épée ultime d’un Ajax Et une autre Salamine M’a conduit jusqu’ici, sur cette rive. ... [Lire la suite]
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10 septembre 2015

Stratis Pascalis /Στρατής Πασχάλης (1958 - ) : « Hauts paysages de l’ascension… »

      Hauts paysages de l’ascension, ciels penchés, mystère    éclatant le soir venant je vous ai vus à la jointure entre déclin  et    triomphe.   L’amertume du temps retombait, pénombre violette,    lorsqu’ aux lointains de la terre une lumière vespérale    parut, un spectre de lumière plutôt, par-dessus la ligne des collines    et des vignes, lumière verte cuivrée, sans but, sans cause, de bon augure,    comme quand s’ouvre une... [Lire la suite]
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06 juillet 2015

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 - ) : L’étranger

L’Etranger   Car l’étranger dans la journée ne connaît pas la ville.   L’étranger la connaît le soir, quand elle dort.   Il repart au matin, l’air dur de qui a cherché en vain.   Toi qui l’aimas un jour quand tu le verras passer devant ta porte, donne-lui un peu de l’ancienne tendresse.   Et pense après des années que par ta vie un jour Ulysse est passé   Traduction de Michel Volkovitch In, "Les Poètes de la Méditerranée, Anthologie." Editions Gallimard (Poésie), 2010  Du même... [Lire la suite]
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14 avril 2015

Anacréon / Ἀνακρέων (vers550 –vers 464 av. J. C.) : le souhait

    Le souhait   Du roi Phrygien la fille rebelle Fut en noir rocher changée autrefois ; La fière Prokné devint hirondelle, Et d’un vol léger s’enfuit dans les bois. Pour moi, que ne suis-je, ô chère maîtresse, Le miroir heureux de te contempler, Le lin qui te voile et te caresse, L’eau que sur ton corps le bain fait couler, Le réseau charmant qui contient et presse Le ferme contour de ton jeune sein, La perle, ornement de ton col que j’aime, Ton parfum choisi, ta sandale même, Pour être foulé par... [Lire la suite]
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13 avril 2015

Saphô / Σαπφώ (vers 630 –vers 580 av. J.C.) : « Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs !... »

      Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs ! Pâle, je servis ta volupté cruelle… Je pris, aux lueurs du flambeau d’Hespérôs, Ton corps d’immortelle.   Et ma chair connut le soleil de ta chair… J’étreignis la flamme et l’ombre et la rosée, Ton gémissement mourait comme la mer Lascive et brisée.   Mortelle, je bus dans la coupe des Dieux, J’écartai l’azur ondoyant de tes voiles… Ma caresse fit agoniser tes yeux Sur ton lit d’étoiles…   Depuis, c’et en vain que la nuit de Lesbos ... [Lire la suite]
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21 décembre 2014

Constantin Cavafis (Cavafy) / Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης (1863 -1933) : Les Fenêtres

Les Fenêtres   Dans l’obscurité de ces chambres, où je coule des jours pénibles, je marche de long en large pour trouver des fenêtres – Si pouvait s’ouvrir une fenêtre, quel réconfort ce serait. – Mais il n’y a pas de fenêtres, ou est-ce moi qui n’arrive pas à en trouver. Et peut-être vaut-il mieux ne pas en trouver. Peut-être la lumière causerait-elle un autre supplice. Qui sait quelles choses nouvelles elle découvrirait.   Traduit du grec par Dominique Gandmont In, « Constantin Cavafis. Poèmes ».... [Lire la suite]
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10 novembre 2014

Yannis Ritsos / Γιάννης Ρίτσος (1909 – 1990) : Le désespoir de Pénélope

Le désespoir de Pénélope   Ce n’est pas vrai qu’elle ne l’a pas reconnu dans la lumière de l’âtre ; ce n’était rien les haillons du mendiant, le déguisement – non ; des signes évidents : la cicatrice à son genou, la vigueur, la malice de l’œil. Effrayée, appuyant son dos contre le mur, elle cherchait une excuse, un sursis, un peu de temps encore, pour ne pas répondre ne pas se trahir. C’est donc pour lui qu’elle avait dépassé vingt ans, vingt ans d’attente et de rêve pour cet homme à la barbe blanche, ce... [Lire la suite]
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10 juillet 2014

Stratis Pascalis /Στρατής Πασχάλης (1958 - ) : Préhistoire

Préhistoire   Ils ont ouvert la porte et nous sommes entrés comme des anges dans la maison d'Abraham où des peaux de mouton frisées et des cornes de bouc pendaient aux murs blanchis.   Près d'un ancien four, volcan éteint à l'ombre de la treille ils ont apporté des raisins très noirs du fromage frais et l'agneau ont déposé le fructueux message à nos pieds puis ont disparu comme s'ils étaient les envoyés de Dieu et nous les desséchés, les désertiques.   Traduit du grec par Michel Volkovitch In... [Lire la suite]
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06 juillet 2014

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 - ) : Tu entres au Pirée

    Tu entres au Pirée   Soir profond. Tu entres au Pirée apportant caisses de poissons et farine.   Salut Pirée, toi et ta crasse, ton huile, tes wagons, et les barbeaux durs comme l'acier dans tes beuglants. Les lanternes pisseuses des bars au plafond de ton ciel nous éclairent la nuit des mollets de coq arpentent la rue boueuse, des fesses d'hommes desséchées comme le cul d'un chien mal nourri.   Hippies de Petràlona, bellâtres de Troùba.   Salut Pirée, toi et ta pauvreté, ... [Lire la suite]
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