14 février 2019

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 -) : « Mer en hiver... »

  Mer en hiver délaissée des humains.   Asseyons-nous là un instant, bien sages. Comme dans l’enfance à la fête de l’école. Comme les invités dans la cour aux fiançailles de grand-mère, un dimanche de juin 1930. Comme les deux étrangers à la gare de Corinthe avant de s’aimer derrière des caisses de bière vides et le phono abandonné, sans se rendre compte, une demi-heure avant leurs trains, et disparaître à jamais.   Mer en hiver délaissée des humains.   Nous qui avons tant souhaité la sérénité, ... [Lire la suite]
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10 septembre 2018

Stratis Pascalis / Στρατής Πασχάλης (1958 -) : L’ogre / Ο δράκος

  L'Ogre   Ecrasé de tristesse, sa cellule – sa maison ;   une femme chaude et deux enfants la tambouille qui mijote   alentour le village noir et les murs des montagnes   le soleil sombre se noie au fond d’un bain de sang ;   alors tel un éclair la pensée le traverse   égorger sa femme étrangler ses enfants.   Traduit du grec par Michel Volkovitch In « Les poètes de la Méditerranée. Anthologie" Editions Gallimard / Cultures France (Poésie), 2010 Du même... [Lire la suite]
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08 juin 2018

Titos Patrikios / Τίτος Πατρίκιος (1928 -) : Femme

  Femme I   Tu as ramené ma terre. Rouge, légère, piétinée par tyrans et ennemis. Tu as ramené les pluies de l’automne marin qui lavaient de sa poussière mon visage et je sentais sous la chair les mêmes vertèbres de montagnes qui à travers les siècles ont fait tenir la patrie debout.   Traduit du grec par Michel Volkovitch In, Titos Patrikios : « Apprentissage » Editions Desmos / Cahiers grecs, 1966   Du même auteur : Les montagnes /Τα βουνά (09/05/2019) Les zèbres /... [Lire la suite]
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12 avril 2018

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av.J.C.) : Je serai toujours vierge

  Je serai toujours vierge   Je demeurerai vierge comme la neige Sereine, qui dort là-bas d’un blanc sommeil, Qui dort pâlement, et que l’hiver protège Du brutal soleil.   Et j’ignorerai la souillure et l’empreinte Comme l’eau du fleuve et l’haleine du nord. Je fuirai l’horreur sanglante de l’étreinte, Du baiser qui mord.    Je demeurai vierge comme la lune Qui se réfléchit dans le miroir du flot, Et que le désir de la mer importune De son long sanglot.   Traduit du grec par René... [Lire la suite]
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10 septembre 2017

Stratis Pascalis / Στρατής Πασχάλης (1958 -) : Cartographie de la lumière

  Cartographie de la lumière   La lumière est aux aguets partout Cachée dans les veines du vent. Au fond des yeux de l’aube l’ancienne prisonnière Dans les sentiers rudes et obscurs de la mer Ou le crépuscule des cyprès qui seuls additionnent les morts Et mieux que personne résistent au déchirement de l’éclat Dans les cloîtres des confins. Tandis que le volcan qui soudain tressaille Terrifie la bête assoiffée qui cherche dans les genêts de la rosée Puis l’éclat descendu de très haut.   Traduit du grec... [Lire la suite]
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13 avril 2017

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av. J. C.) : A une aimée

  A une aimée   Il goûte le bonheur que connaissent les dieux Celui qui peut auprès de toi Se tenir et te regarder, Celui qui peut goûter la douceur de ta voix,   Celui qui peut toucher la magie de ton rire, Mais moi, ce rire, je le sais, Il fait fondre mon cœur en moi. Ah ! moi, sais-tu, si je te vois, Fût-ce une seconde aussi brève, Tout à a coup alors sur mes lèvres Expire sans force ma joie.   Ma langue est là comme brisée, Et soudain, au cœur de ma chair, Un feu irrésistible a glissé. ... [Lire la suite]
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10 septembre 2016

Stratis Pascalis / Στρατής Πασχάλης (1958 - ) : Première pluie

  Première pluie   L’automne est entré dans la maison comme une femme qui tient une lampe allumée.   (Dehors il commence à pleuvoir.)   Timide elle pose la lumière sur la table et sort sans bruit, paysanne sentant le thym et l’olivier mouillé.   Traduit du grec par Michel Volkovitch In « Les poètes de la Méditerranée. Anthologie" Editions Gallimard / Cultures France (Poésie), 2010 Du même auteur : Préhistoire (10/07/2014) « Hauts paysages de l’ascension… » (10/09/15) ... [Lire la suite]
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13 avril 2016

Saphô / Σαπφώ (vers 630 –vers 580 av. J.C.) : Aphrodite / εἰς Ἀφροδίτην

  Aphrodite   Déesse au trône diapré, immortelle Aphrodite, Fille de Zeus, tisseuse de ruses, je te supplie : ni tourments nauséeux , ni fléau de l’angoisse,  pour me dompter, Souveraine, le cœur.   Viens à moi plutôt, si jamais autrefois, quand je criais de loin vers toi, tu as entendu ma voix, si tu m’as exaucée, quittant le palais de ton père pour venir jusqu’à moi, dans l’or   de ton char attelé : de beaux oiseaux t’entraînaient, des passereaux rapides, au-dessus de la terre bleu... [Lire la suite]
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10 novembre 2015

Yannis Ritsos / Γιάννης Ρίτσος (1909- 1990) : Les vieilles femmes et la mer

  Les vieilles femmes et la mer   Toutes ensemble (doucement, simplement, d’une voix lasse et lointaine)   Dès que tombe le crépuscule, nous sortons nous asseoir ici,      sur la pierre du seuil, sur les rochers pour que nous batte le vent du large et qu’il nous vide de      notre vide. Nous reposer de ne plus rien faire, oublier, nous les oubliées, faites d’oubli,  comme si tout s’en était allé, et que nous soyons restées seules sur une aire haute et large où... [Lire la suite]
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29 octobre 2015

Homère / Ὅμηρος (VIIIème siècle av. J.C.) : « Mais, quand l’aube bouclée amena le troisième jour… »

    Mais, quand l’aube bouclée amena le troisième jour, les vents enfin tombèrent ; et dans le ciel, le calme se refit. Il vit la terre toute proche et la fouilla des yeux, du sommet d’une haute lame. Comme quand des enfants voient rendu à la vie joyeuse un père qui resta longtemps couché dans la souffrance, rongé par elle, en proie à quelque affreux démon, et, pour leur joie, les dieux l’ont délivré de ce fléau, ainsi, pour son bonheur, parut la terre avec ses bois ; il nagea dans l’espoir de mettre... [Lire la suite]
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