10 septembre 2019

Stratis Pascalis / Στρατής Πασχάλης (1958 -) : Le chèvrefeuille

  Le chèvrefeuille   Ce n’est pas du jasmin. C’est le chèvrefeuille qui embaume puissant il passe de l’odorat dans la bouche tandis que le soir tombe et que se répand doucement dans l’atmosphère l’insoutenable inertie nocturne.   Le jasmin parfum dangereux - essence échappée au poison – s’en va pourtant dans le vent et transporte des échos de lointains meltems et de balcons échevelés.   Non pas le jasmin. C’est le chèvrefeuille qui embaume ce soir coupant lentement le souffle comme une boue de... [Lire la suite]
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09 juin 2019

Titos Patrikios / Τίτος Πατρίκιος (1928 -) : Les montagnes / Τα βουνά

  Les montagnes   D’abord il y eut la mer. Je suis né entouré d’îles Je suis une île surgie le temps de voir La lumière, dure comme la pierre Puis sombrer. Les montagnes sont venues après. Je les ai choisies. Il fallait bien que je partage un peu le poids Écrasant ce pays depuis des siècles.   Mai 1968   Traduit du grec par Michel Volkovitch in, « Anthologie de la poésie grecque contemporaine (1945-2000) » Editions Gallimard, 2000 Du même auteur : Femme (09/05/2018)   ... [Lire la suite]
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31 mai 2019

Anacréon / Ἀνακρέων (vers 550 – vers 464 av. J. C.) : « Oui, mes tempes déjà sont grises... »

  Oui, mes tempes déjà sont grises, Mes cheveux sur mon front sont blancs ; Jeunesse, auprès, n’est plus assise, Et l’on a vu vieillir mes dents. Pour goûter la douceur de vivre, Ah ! je n’ai plus beaucoup de temps : Moi qui ai peur de l’autre rive, Je m’en désole bien souvent. Le gouffre funèbre m’effraie, Triste est la route qui descend : Il n’est pas près de remonter, Non, celui-là qui la descend.   Traduit du grec par Robert Brasillach in, « Anthologie de la poésie grecque »... [Lire la suite]
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13 avril 2019

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av. J.C.) : Nocturnes

  Nocturnes   Etoile du soir, ô toi qui ramènes Ce qu’a dispersé le clair jour naissant, Voici que chèvre et brebis tu ramènes, Et à la mère son enfant. ........................   L’eau fraîche murmure à l’entour, Parmi les pommiers parfumés, Et des feuilles où le vent court, Le sommeil pour nous a glissé. .................................   Les étoiles, autour de la splendeur lunaire, Cachent à nouveau leur clarté Lorsque d’un vif éclat elle revient briller, En son plein, au-dessus de l’ombre... [Lire la suite]
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01 mars 2019

Yòrgos Sefèris / Γιώργος Σεφέρης (1900 - 1971) : Aveugle

  Aveugle   Le sommeil est lourd aux matins de décembre noir comme les eaux de l’ Achéron, sans rêves, sans mémoire, sans la moindre feuille de laurier. La veille entaille l’oubli comme la peau qu’on fouette et l’âme fourvoyée sortant des eaux brandit des débris de peintures des enfers, danseuse aux vaines castagnettes, qui titube talons meurtris par le lourd piétinement dans l’assemblée engloutie là-bas.   Le sommeil est lourd aux matins de décembre. Chaque année en décembre c’est pire. Parga* d’abord... [Lire la suite]
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14 février 2019

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 -) : « Mer en hiver... »

  Mer en hiver délaissée des humains.   Asseyons-nous là un instant, bien sages. Comme dans l’enfance à la fête de l’école. Comme les invités dans la cour aux fiançailles de grand-mère, un dimanche de juin 1930. Comme les deux étrangers à la gare de Corinthe avant de s’aimer derrière des caisses de bière vides et le phono abandonné, sans se rendre compte, une demi-heure avant leurs trains, et disparaître à jamais.   Mer en hiver délaissée des humains.   Nous qui avons tant souhaité la sérénité, ... [Lire la suite]
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10 septembre 2018

Stratis Pascalis / Στρατής Πασχάλης (1958 -) : L’ogre / Ο δράκος

  L'Ogre   Ecrasé de tristesse, sa cellule – sa maison ;   une femme chaude et deux enfants la tambouille qui mijote   alentour le village noir et les murs des montagnes   le soleil sombre se noie au fond d’un bain de sang ;   alors tel un éclair la pensée le traverse   égorger sa femme étrangler ses enfants.   Traduit du grec par Michel Volkovitch In « Les poètes de la Méditerranée. Anthologie" Editions Gallimard / Cultures France (Poésie), 2010 Du même... [Lire la suite]
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08 juin 2018

Titos Patrikios / Τίτος Πατρίκιος (1928 -) : Femme

  Femme I   Tu as ramené ma terre. Rouge, légère, piétinée par tyrans et ennemis. Tu as ramené les pluies de l’automne marin qui lavaient de sa poussière mon visage et je sentais sous la chair les mêmes vertèbres de montagnes qui à travers les siècles ont fait tenir la patrie debout.   Traduit du grec par Michel Volkovitch In, Titos Patrikios : « Apprentissage » Editions Desmos / Cahiers grecs, 1966   Du même auteur : Femme (09/05/2018)  
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12 avril 2018

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av.J.C.) : Je serai toujours vierge

  Je serai toujours vierge   Je demeurerai vierge comme la neige Sereine, qui dort là-bas d’un blanc sommeil, Qui dort pâlement, et que l’hiver protège Du brutal soleil.   Et j’ignorerai la souillure et l’empreinte Comme l’eau du fleuve et l’haleine du nord. Je fuirai l’horreur sanglante de l’étreinte, Du baiser qui mord.    Je demeurai vierge comme la lune Qui se réfléchit dans le miroir du flot, Et que le désir de la mer importune De son long sanglot.   Traduit du grec par René... [Lire la suite]
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10 septembre 2017

Stratis Pascalis / Στρατής Πασχάλης (1958 -) : Cartographie de la lumière

  Cartographie de la lumière   La lumière est aux aguets partout Cachée dans les veines du vent. Au fond des yeux de l’aube l’ancienne prisonnière Dans les sentiers rudes et obscurs de la mer Ou le crépuscule des cyprès qui seuls additionnent les morts Et mieux que personne résistent au déchirement de l’éclat Dans les cloîtres des confins. Tandis que le volcan qui soudain tressaille Terrifie la bête assoiffée qui cherche dans les genêts de la rosée Puis l’éclat descendu de très haut.   Traduit du grec... [Lire la suite]
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