09 juin 2020

Titos Patrikios / Τίτος Πατρίκιος (1928 -) : Les zèbres / Οἱ ζέβρες

  Les zèbres   Lumière entre les lattes en bois des persiennes d’hôtel mi-closes à gauche sur la place de la gare lumière qui tombait découpée en lanières nous couvrant d’une peau de zèbre et les deux zèbres luttaient dans la lumière et l’ombre marqués de rayures blanches et noires en diagonale par les phares des voitures plongée blanche et noire dans ta chair. Parfois je vois encore après tant d’années des marques blanches et noires de zèbre sur ma peau étant seul à l’hôtel dans une ville du bord de mer. ... [Lire la suite]
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13 avril 2020

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av. J.C.) : « ... Et je ne reverrai jamais... »

Terre cuite de 480-460 av. J.‑C., provenant d'une tombe de Mélos et conservée au British Museum  On suppose qu'il s'agit de l'une des plus anciennes représentations de Sappho, ici tenant un barbitos, en conversation avec un homme, peut-être Alcée   ... Et je ne reverrai jamais ma douce Attys. Mourir est moins cruel que ce sort odieux ; Et je la vis pleurer au moment des adieux. Elle disait : « Je pars. Partir est chose dure. » Je lui dis : « Sois heureuse, et va, car rien ne dure. ... [Lire la suite]
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01 mars 2020

Yòrgos Sefèris / Γιώργος Σεφέρης (1900 - 1971) : Ephèse

  Mémoire II   EPHESE   Il parlait assis sur un marbre pareil au débris d’un portail antique ; la plaine à droite immense et vide et de la montagne à gauche descendaient les ombres du soir : « Le poème est partout. A son côté parfois ta voix s’avance comme le dauphin accompagne un instant une voile d’or dans le soleil et disparaît. Le poème est partout comme les ailes du vent dans le vent qui ont touché un peu les ailes de la mouette. Pareils à notre vie, et autre, de même que change et... [Lire la suite]
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29 février 2020

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Temps allongé / ΑΝΑΣΚΕΛΟΣ ΧΡΟΝΟΣ

  Temps allongé   Herbe et camomille sur la terre du dedans du dehors verdure salutatoire oracle qui étale prophétie verte. Une offre de choix cette refloraison et cela paraît facile d’envelopper la nudité. Quelle panique cette poussée de fleurs pour se trouver une place dans les arbres. Herbe, camomille, fleurs sauvages douceur sans profondeur comme du velours ou un serment — ne pas piétiner.   D’énormes vagues de prairies arrivent des campagnes profondes les lis plongent les fleurs de... [Lire la suite]
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10 septembre 2019

Stratis Pascalis / Στρατής Πασχάλης (1958 -) : Le chèvrefeuille

  Le chèvrefeuille   Ce n’est pas du jasmin. C’est le chèvrefeuille qui embaume puissant il passe de l’odorat dans la bouche tandis que le soir tombe et que se répand doucement dans l’atmosphère l’insoutenable inertie nocturne.   Le jasmin parfum dangereux - essence échappée au poison – s’en va pourtant dans le vent et transporte des échos de lointains meltems et de balcons échevelés.   Non pas le jasmin. C’est le chèvrefeuille qui embaume ce soir coupant lentement le souffle comme une boue de... [Lire la suite]
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09 juin 2019

Titos Patrikios / Τίτος Πατρίκιος (1928 -) : Les montagnes / Τα βουνά

  Les montagnes   D’abord il y eut la mer. Je suis né entouré d’îles Je suis une île surgie le temps de voir La lumière, dure comme la pierre Puis sombrer. Les montagnes sont venues après. Je les ai choisies. Il fallait bien que je partage un peu le poids Écrasant ce pays depuis des siècles.   Mai 1968   Traduit du grec par Michel Volkovitch in, « Anthologie de la poésie grecque contemporaine (1945-2000) » Editions Gallimard, 2000 Du même auteur : Femme (09/05/2018)  Les... [Lire la suite]
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31 mai 2019

Anacréon / Ἀνακρέων (vers 550 – vers 464 av. J. C.) : « Oui, mes tempes déjà sont grises... »

  Oui, mes tempes déjà sont grises, Mes cheveux sur mon front sont blancs ; Jeunesse, auprès, n’est plus assise, Et l’on a vu vieillir mes dents. Pour goûter la douceur de vivre, Ah ! je n’ai plus beaucoup de temps : Moi qui ai peur de l’autre rive, Je m’en désole bien souvent. Le gouffre funèbre m’effraie, Triste est la route qui descend : Il n’est pas près de remonter, Non, celui-là qui la descend.   Traduit du grec par Robert Brasillach in, « Anthologie de la poésie grecque »... [Lire la suite]
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13 avril 2019

Saphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av. J.C.) : Nocturnes

  Nocturnes   Etoile du soir, ô toi qui ramènes Ce qu’a dispersé le clair jour naissant, Voici que chèvre et brebis tu ramènes, Et à la mère son enfant. ........................   L’eau fraîche murmure à l’entour, Parmi les pommiers parfumés, Et des feuilles où le vent court, Le sommeil pour nous a glissé. .................................   Les étoiles, autour de la splendeur lunaire, Cachent à nouveau leur clarté Lorsque d’un vif éclat elle revient briller, En son plein, au-dessus de l’ombre... [Lire la suite]
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01 mars 2019

Yòrgos Sefèris / Γιώργος Σεφέρης (1900 - 1971) : Aveugle

  Aveugle   Le sommeil est lourd aux matins de décembre noir comme les eaux de l’ Achéron, sans rêves, sans mémoire, sans la moindre feuille de laurier. La veille entaille l’oubli comme la peau qu’on fouette et l’âme fourvoyée sortant des eaux brandit des débris de peintures des enfers, danseuse aux vaines castagnettes, qui titube talons meurtris par le lourd piétinement dans l’assemblée engloutie là-bas.   Le sommeil est lourd aux matins de décembre. Chaque année en décembre c’est pire. Parga* d’abord... [Lire la suite]
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14 février 2019

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 -) : « Mer en hiver... »

  Mer en hiver délaissée des humains.   Asseyons-nous là un instant, bien sages. Comme dans l’enfance à la fête de l’école. Comme les invités dans la cour aux fiançailles de grand-mère, un dimanche de juin 1930. Comme les deux étrangers à la gare de Corinthe avant de s’aimer derrière des caisses de bière vides et le phono abandonné, sans se rendre compte, une demi-heure avant leurs trains, et disparaître à jamais.   Mer en hiver délaissée des humains.   Nous qui avons tant souhaité la sérénité, ... [Lire la suite]
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