14 septembre 2018

Song Lin / 宋林 (1959 -) : Au sud de la Péninsule malaise

  Au sud de la Péninsule malaise   Douceur, la côte sinueuse le jour et la soie dorée du jour tremble comme un drapeau de pétrolier   les îlots étincellent je caresse la mer comme on caresse une femme ardente ou un vase antique bleu les sables mouvants et les ombres des nuages ne cessent de laver des filets de vapeurs bleues   les indigènes assis dans l’ombre épaisse de l’après-midi boivent du thé, crachent des noyaux de l’été les socques en bois sont oisives   Qu’y a-t-il dans la... [Lire la suite]
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02 juillet 2018

Haizi / 海子 (1964 -1989) : Face à la mer

  Face à la mer     Dès demain, je m’engage à être un homme heureux : nourrir les chevaux, fendre le bois, parcourir le monde dès demain, j’aurai souci du grain et des légumes je possèderai une maison, face à la mer au printemps doux s’ouvrent les fleurs   Dès demain j’écrirai à tous mes proches, je leur dirai mon bonheur ce que les foudres de cette félicité m’ont dit à chaque homme je le dirai   pour chaque rivière, pour chaque montagne je choisirai un nom qui tiendra chaud ... [Lire la suite]
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31 mars 2018

Lieou Hi-yi (651 ? – 678 ?) : Complainte des cheveux blancs

  Complainte des cheveux blancs   Sous les murs de Lo-yang, à l’Est, fleurs de pêcher, fleurs de prunier,      Voltigent çà et là… et vont tomber chez qui ? Il est à Lo-yang une fille au beau visage :      Oisive, elle voit les fleurs tombées, et pousse un long soupir. Cette année, les fleurs tombent, les beaux visages changent ;      L’an prochain, qui vivra quand les fleurs s’ouvriront ? Elle a vu des pins, des cyprès, réduits en... [Lire la suite]
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20 février 2018

Mang Ke /芒克 (1951 -) : Crépuscule

  Crépuscule   Déjà sur la terre le frottement des griffes du soleil s’efface déjà tout devient sombre crépuscule peau de fauve écorchée au couchant que le vent sèche   Les gens que je croise sont encore attentifs au moindre geste de l’air leur méfiance me gagne passé le crépuscule les yeux d’un fauve plus cruel pourraient surgir…   Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro In, "Le Ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise" Editions Circé, 2004 Du même auteur : Le... [Lire la suite]
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15 janvier 2018

Zu Shuzhen / 朱淑真 (1135 – 1180) : Touchée par les paroles d’un fermier pendant les chaleurs sèches

  Touchée par les paroles d’un fermier pendant les chaleurs sèches Kure wen tianfu yu you gan   Roue du soleil, feu charrié qui brûlent le ciel infini, Jours caniculaires du sixième mois, Les nuages secs en dix mille paliers rougeoient sans pleuvoir, La terre se fend, les fleuves tarissent, poussière soulevée par le vent. Les paysans craignent la mort des grains dans les champs, Pédalent dans les norias, secourant les champs sans répit. En ces longues journées, affamés, assoiffés, gorges en feu, Sueur de sang,... [Lire la suite]
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24 décembre 2017

Shū Ting / 舒婷 ( 1952 -) : La perle, cette larme de la mer

La perle, cette larme de la mer   Dans ma paume tremblante est posée une perle, telle une larme jaune pâle gouttant de la mer…   quand les flots s’éloignent pleins de ressentiments, sanglotent devant la blanche poitrine de la terre, elle est larme brûlante dans les yeux du héros, elle a sa loyauté, la lumière envieuse                    ne saurait la changer en goutte d’eau pure ; quand l’ovation des vagues... [Lire la suite]
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21 novembre 2017

Cháng Jiàn / 常建 (708- 765) : Inscrit dans la salle de méditation… / 题破山寺后禅院

  Inscrit dans la salle de méditation à l’arrière du Poshansi   Soleil de l’aube à l’entrée du vieux temple, Le jour paraît sur la haute futaie. Un sentier de bambous mène au secret Des cellules tapies dans la verdure.   Clarté des monts où s’égaient les oiseaux, Reflets des eaux où s’épurent les cœurs, Toute rumeur du monde ici s’est tue, Rien que le son de la cloche et du gong.   Traduit du chinois par Jean-Pierre Diény in, « Jeux de montagnes et d’eaux » Editions Michalon (Encre... [Lire la suite]
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28 octobre 2017

Gu Cheng / 顾城 ou 顧城 (1957 – 1993) : La terre est courbe

  La terre est courbe   La terre est courbe qui te cache à mon regard je n’aperçois que le ciel bleu de ton cœur dans le lointain   est-ce du bleu ? Du vrai bleu le bleu même du langage j’aimerais apporter la joie au monde mais les sourires se figent sur les lèvres   qu’on me donne plutôt un nuage pour effacer les clairs moments viennent les larmes à mes yeux vienne le sommeil à mon soleil   1981   Traduit du chinois par Isabelle Bijon In, « le ciel en fuite, anthologie de... [Lire la suite]
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23 octobre 2017

Li Bai (ou Li Po)/ 李白 (701 – 762) : En cherchant Maître Yong-Tsouen à son ermitage

  En cherchant Maître Yong-Tsouen à son ermitage (1)   Parmi les pics dont l’émeraude touche au ciel,      Vous vivez librement, oubliant les années. J’écarte les nuées pour chercher la route ancienne ;      Je m’appuie aux arbres pour écourter les sources.   Dans la tiédeur des fleurs, les bœufs noirs sont couchés ;      Sur les pins élevés, les grues blanches s’endorment. Tandis que nous parlons, le crépuscule est tombé sur le... [Lire la suite]
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14 septembre 2017

Song Lin / 宋林 (1959 -) : Paysage dans l’œil d’un aigle

  Paysage dans l’œil d’un aigle   1 Rien que le roc, la neige, noir sur blanc. Les rigueurs de l’hiver, les eaux ne coulent plus, Les pins ont mis leurs cloches de verre.   2 Rien ne saurait remplacer l’élévation du roc, celle des sommets, sauf la neige qui les recouvre. 3 Des vols d’hirondelles dorment sous les eaux gelées, dans leur tanière, les ours bruns sommeillent, marmottes et hérissons s’assoupissent aussi, en eux s’amasse une neige de graisse. 4 Il n’y a pas de mots, pas de vendeurs de... [Lire la suite]
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